UTMJ - La renarde 72km by Nelly & Fred

07/10/2020

Ce CR de course, ça sera version TGV Paris-Marseille pour Fred et version TER Toulouse-Gourdon pour ma pomme…

 

Avant course 

 

Fred :

J-120 : 1er jour du début de la prépa, première sortie et CLAC, entorse du ligament interne et bye-bye ménisque. Début de mon chemin de croix pour préparer les 72kms de l’UTMJ avec une prépa exemplaire, une fois n’est pas coutume, avec 38kms parcourus en 4 mois et environ 300kms en vélo mais malgré tout pas mal de confiance grâce à la GF Mont Ventoux réalisée avec Johan, Bastien, Rémi et Sandrine 4 semaines avant avec les mêmes conditions de préparation. 

 

Nelly :

72kms, pouaaah, ça commence à en faire des pas, l’OMS va être contente… une prépa semble obligatoire à la vue de ce kilométrage de dingue, une 1ère de mon côté. .. Je demande à Fred comment il compte s’y prendre pour dompter le terrain de jeu de Thevenard. Il a installé avec Vincent l’appli Décath et le programme « préparer un trail en montagne en 12 semaines ». Ok, ok, ben why not… j’ai tenu deux semaines. Ça tombe en plein été, pas la période idéale pour se farcir 3 sorties hebdo... Du coup ma prépa se fera à vista de nas, en faisant VTT, rando et quelques sorties trail/footing. 

J’espère secrètement voir apparaitre sur la page Facebook de l’orga un truc du style « C’est avec une immense tristesse et le cœur serré que nous annulons la 1ère édition de l’UTMJ … » avec le smiley qui pleure. Et ben non en fait, ils sont coriaces ces jurassiens ! On la connait l’histoire, on aura les pieds dans la bouillasse pendant des heures ouais !

 

J’appréhende toute la semaine avec mal de bide et tout comme si je jouais ma vie sur c’te course et pas moyen de me raisonner. Ce phénomène physiologique provient de la grosse inconnue qui est : quel temps va-t-il faire samedi ? En consultant quelques sites et sans aucune grande surprise, le temps va bel et bien être dantesque… et passer plus de 10 heures sous la pluie avec des ressentis négatifs, comment dire… ben il vaut mieux ne rien dire, c’est pas mal. Transition logique de cette joute verbale climatique sur notre groupe Messenger, la tenue vestimentaire. Comment on se sape les gars ? Court, long, entre deux ? Chacun y va de son petit commentaire. Et c’est quand Vincent écrit qu’il prendra gants et bonnet que je me dis qu’il risque de faire un peu frisquet. Mais, mais, mais… l’oasis apparait parmi les trombes d’eau toulousaines de la semaine ; plus les jours passent et plus le temps semble « « « « s’améliorer » » » ». 

 

Vendredi, départ pour le Jura. On rejoint un chalet trop mim’s à la station des Rousses et le temps immonde qui va avec. Le soir, nous ne la menons pas large en aspirant nos spaghettis en nous tournant les oreilles (non j’déconne – pas drôle du tout, je sais.). Et, histoire d’avoir un mental de chips aussi imposant qu’un paquet de Lays format familial 15% gratuit, nous assistons, au fil de notre courte soirée, aux abandons qui se succèdent sur le 180kms (les coureurs se prennent la flotte depuis le début de l’épreuve, oui, depuis le matin…). 

 

Jour J

 

 

 

Fred:

Sur la ligne de départ avec Nelly, Vincent et Jérôme deux anciens du club. On se tape dans les mains on sait qu’on va en chier, le terrain de jeu ressemble hélas au Forest Trail dans ses pires années de pluie. Nelly voulait courir en short…. Je vois que la neige tombée cette nuit l’aura fait céder sur son choix vestimentaire, elle sera en collant long comme tout le monde.

 

Compte rendu de la course 🡪  du km1 au km72 : Souffrance. Fin. 

 

Pas grand-chose à dire d’autre. Points positifs quand même, une course tout en gestion où j’ai pu être régulier. Le manque de prépa était flagrant mais on utilise les expériences passées, on serre les dents et on met le cerveau en mode reptilien. Ça passe. J’ai le plaisir de rattraper Jérôme les 400 derniers mètres, on finit ensemble. Vincent et Nelly ont été plus rapides mais nous ne finissons pas loin les uns des autres. Pas de bobos, des beaux souvenirs, des semelles à changer…. C’est gagné ! On va attendre 2021 pour se donner de nouveaux objectifs… ou pas. 

 

Nelly:

 

Les Rousses - Morez

5h12, Fred envoie un message sur Messenger « 5h12. Il neige…depuis je ne sais pas combien de temps. Envie de mourir. » Le réveil sonne à 5h30…  et le temps n’a pas changé d’un iota. Fred veut aller s’coucher, la même pour Arnaud. Okaaaayyy bébé, ça va être épais cette Renarde !

 

Banzzzzzzaaaaaaaiiiiiii ! Vincent est devant, Fred, Arnaud et Jérôme derrière. Comme dit précédemment, les sentiers sont hyper boueux et la couche technique sur le haut du corps est plus qu’appropriée. Mais au fait, la boue c’est quoi ? Selon wiki, la boue est un mélange d'eau et de particules sédimentaires fines de limons et d'argiles (on sent la fibre scientifique, le mec a dû faire une thèse sur la biologie des sols jurassiens en octobre). Si on ouvre notre cher Larousse, il y a mieux Dépôt plus ou moins liquide d'une matière quelconque. Le flou … (d’un coup, disparition totale de la fibre scientifique..). Entre le kilomètre 3 et le kilomètre 4, 1ère chute. Une dizaine de minutes après, je me rends compte qu’une flasque s’est perdue dans la bataille. Puis 2ème chute, puis mon dossard s’envole littéralement dans une descente (c’est une blague !?!?). Je fais les 16 bornes en 2 heures, ça fait long… J’arrive à Morez. Vincent est sur le départ, il ne se sent pas trop en forme, il est parti trop vite. Je sors tout et son contraire de mon sac, un peu perdue. Entre temps, Jérôme arrive puis repart avant moi. Telles des venelles dans une ville tentaculaire, les singles montent et descendent à travers les grandes forêts d’épicéas du Jura. 

J’ai du mal à être confiante sur ma capacité à arriver au bout de la course. Allez, plus que 56kms ! Une fois à Mouthe, c’est dans la poche. Je me dis qu’il faut voir ces 70kms en tronçons. Alors faut éviter de faire 7 tronçons de 10kms, parce que là, ça a tendance à faire beaucoup mais avec des tronçons de 20 bornes, psychologiquement, ça passe mieux. 

 

Morez – Chapelle des bois

Allez, on a fait 34 bornes poulette. Je suis plutôt en forme et contente. Laura, Laure, Régis et Arnaud (mais qu’est-ce que Arnaud fout là ?!?) m’encouragent. Je reçois aussi les encouragements égrenés  d’Antoine. Régis me demande si je veux me changer, je réponds par la négative avant de me raviser quelques minutes plus tard sur les conseils de Jérôme et en voyant quelques coureurs retirer leur couche humide. L’idée est bienfaitrice. Malgré le feu de camp gilets jaunes au ravito, le froid s’approprie La Chapelle des bois. Je repars sans mes gants et je passe une bonne vingtaine de minutes à retrouver l’usage de mes doigts. Boue – eau – boue – boue – eau – eau – boue. En langue shona, ça se traduirait par chakwair (marcher sur un chemin boueux en pataugeant). Mes baskets sont bornillées.

En traversant des alpages, le temps est gris et quelques sapins sont saupoudrés de neige, comme des gaufres au sucre. 

 

 

 

Chapelle des bois – Granges Raguin

On trottine pas mal, c’est plutôt roulant. Je discute un peu avec un mec de région parisienne qui connait un petit passage à vide mais garde le moral. Je me surprends à ne pas connaitre ce moment, ce moment où je me maudis d’être là. Je suis d’humeur guillerette, humeur que j’essaie de faire partager à mon collègue de l’instant.

Et le temps se découvre enfin, il doit être 14h quand le soleil pointe son nez. 

A Chaux-Neuve, nous empruntons les 706 marches et la pente à 40% du tremplin éponyme. Plus tu descends, moins tes mouvements sont coordonnés. Je retrouve d’ailleurs Jérôme dans cet escalier de l’infini et l’au-delà. Avec Jérôme, nous continuerons jusqu’à Mouthe avec une boue parcimonieuse, une 3ème chute, un pied dans une grosse bouse de vache (pas moi, Jérôme), du plat sur route, des petites montées dans les bois, des maux de genoux, un tendon qui se fait entendre et Jérôme qui parle tout seul. Arrivés à Mouthe, wouuuuuuh, punaise, il reste presque rien. J’y crois !! 

 

 

Granges Raguin – Métabief

Dernier ravito à Granges Raguin avant l’arrivée et nous avons dépassé les 60 bornes, pfiou, plus que 10 ! Là on peut se faire le tronçon de 10 bornes dans la tête! Jérôme a de plus en plus mal au genou et je le laisse au ravito. Je marche un peu avec un type qui vient de raccrocher son téléphone et qui crie un truc comme « FAIT CHIIIER !! ». Nous grimpons une dernière fois à travers les alpages. Là, c’est un peu le cercle des trailers disparus. Je vous plante le décor : il est aux alentours de 16 heures. Le temps est radieux, une quiétude, juste ce qu’il faut comme nuages, des sapins, de l’herbe, une petite grangette sous les arbres et un seul chemin pour arriver à proximité du Mont d’Or. Tout le monde marche tranquillement (parce que c’est compliqué de courir), comme si l’UTMJ n’existait pas, pas de stress ... Ça donne l’impression d’être le dimanche après-midi avec mamie. 

Après le Mont d’Or, ça devient roulant, je me force à courir, il reste 5 - 6 bornes. Tiens-bon, c’est fini ! A droite, la chaine des Alpes se détache parfaitement. Puis un panneau indique à gauche afin de prendre la verticale direction Le Morond (les co******...). Petit plus, la vue est divine. Et ça descend pour le finish, où j’ai toujours ce bon rythme de fin de course et une satisfaction intense mêlée à une envie de rejoindre la ligne d’arrivée au plus vite. 

La ligne d’arrivée passée, mon corps ne répond plus et je me réincarne en Robocoop jusqu’au surlendemain. Gaëtan, que nous n’aurons pas croisé au départ et le long du trajet a bouclé la Renarde en moins de 9h, Vincent est arrivé il y a une demi-heure, tandis que Jérôme et Fred termineront ensemble 20 minutes après moi. Bravo à nous ☺ !

 

 

La fin du weekend sera ponctuée d’agapes fromagères, de la défaite de Kipchoge au marathon de Londres et la classique Liège-Bastogne-Liège avec le collectif bras levés dont Alaphilippe fait partie. 

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