A bout de souffle - Swiss peak Trail 360

18/02/2020

Il est minuit passé, nous sommes désormais le Jeudi 5 Septembre, dans quelques heures le 4ème jour de course sera révolu. L’obscurité des chemins suisses éclairés furtivement par une frontale isolée au milieu du scintillement somptueux de milliers d’étoiles a laissé place à la lueur blafarde de néons (in)hospitaliers. Jimmy, infirmier aux urgences de Monthey, vient m’extirper de ma torpeur pour me conduire dans la pièce des radiographies. Mes poumons sont mis à nu et révèlent l’origine du mal qui m’a assailli 12h plus tôt, en repartant du ravitaillement de l’Auberge de Salanfe au km 290, après 18kms très montagne. Le sifflement perçu très facilement au stéthoscope possède désormais une origine biologique réelle : une pneumopathie, à savoir une belle infection alvéolaire. Le cœur même du système respiratoire est donc touché, ceci suffisamment pour que les alertes perçues et subies durant les 24h qui ont précédées la crise de Salanfe ne fassent bloc et informent ouvertement mon corps que celui-ci ne touche certaines limites et n’aille au-delà de dangers plus grands. En l’état, tout est encore ok, pas de fièvre, pression artérielle et saturation en oxygène dans les normes, douleur thoracique inexistante … au repos. Mais des quintes de toux à n’en plus finir quand je marche, une hyperventilation constante pour capter le maximum d’oxygène, ce gaz vital qui a du mal à franchir la barrière de glaires purulents tapissant mes poumons, soit au sens propre un calvaire le long du chemin de croix reliant Salanfe à la base de vie de Champéry, 6ème et dernière de l’épreuve, 15kms plus loin.