Monte Cristo - J’ai nagé dans le bonheur

01/07/2019

Février 2017

Après la disparition d’un être cher j’ai besoin de nouvelle perspective, d’une nouvelle vie. Il me faut un défi pour me tirer vers le haut. Ca sera une course de 5 km de nage en eau libre qui s’appuie sur la légende du Comte de Monte Cristo écrit par Alexandre Dumas.

 

L’histoire me plait, elle fait echo en moi, j’ai une envie de vengeance sur les malheurs que peut apporter la vie.

 

Je ne fais plus grand chose à l’époque, je dois repartir de zéro. Pour la préparer il me faut un plan, j’ai alors besoin d’être encadrée, c’est avec cette excuse que je pousse les portes d’un club de triathlon. Mille mercis à Delphine et David de m’en avoir montré le chemin.

 

D’entrée l’effet recherché est là. Je renoue avec le sport et la compétition, d’autres challenges suivent mais ma seule obsession est à cette préparation. A chaque entrainement j’y pense accompagnée et poussée par un suivi de qualité, merci Alex et Laeti.

 

Aussi nombreux que les challenges de très belles rencontres s’opèrent. Je trouve une acolyte et pas des moindres pour m’accompagner sur ce défi, Alice.

 

Juin 2018

Nous nous retrouvons alors à Marseille pour ce rendez vous sportif d’une grande notoriété, plus de 5000 nageurs sur 3 jours. L’évènement est tellement prisé que je n’ai pas pu m’inscrire sur la même course qu’Alice.

 

Vendredi Jour J

Je m’y présente pleine d’envie et d’appréhension, j’y suis après une année riche d’émotions, aussi de préparation.  45 min avant le départ ils annulent la course pour cause de grand mistral. Il est trop dangereux d’y aller. Ma déception est immense et inconsolable.

Samedi

Le vent s’est endormi. Je réussis à m’inscrire sur le 2,5 km avec ma soeur venue me soutenir la veille mais la course a un goût très amer.

Dimanche

C’est autour d’Alice je suis contente pour elle, elle va le faire. Je suis en mode supportrice mais c’est les larmes aux yeux que je la vois s’éloigner.

Je la revois à l’arrivée, impressionnée, elle me fait rêver. C’est obligé l’année prochaine j’y reviendrai. C’est une histoire inachevée.

 

Juin 2019

M’y revoilà après une année à avoir progressé, nourri l’envie et entretenu ce sentiment de vengeance, de revanche. suivie et épaulée par celui qui m’avait consolé un an auparavant. L’histoire deviendra plus belle tout est là.

Je suis alors confiante et définitivement rassurée deux semaines auparavant par un enchainement facile d’un relais et d’un 3000 en mer à Begur il est vrai portée par une équipe des plus magiques.

Je l’ai dans les bras maintenant, le physique est là même si je me traine depuis quelques temps un problème cardio respi qui me bloque dans l’effort.

Quelques jours avant je demande à M Météo de me faire un point sur la situation à Marseille, les conditions annoncées sont parfaites. Je vais le faire.

Plus qu’à y aller, départ Jeudi en compagnie de Bertrand, Margaux et deux TTM dont ma soeur. Evidemment ça compare les deux clubs, ça chambre, c’est bon enfant. On arrivera tout de même à quasi convaincre Floki, qu’au TUC, on est bien, on est mieux.

 

Vendredi Jour J

Pas de stress, je me sens bien, j’ai envie d’y aller même le vent qui s’est finalement invité et qui imposera courant contraire ne me fait aucunement peur.

Avec ma soeur nous rejoignons Bertrand, tous les trois nous serons sur le départ du 5000. On embarque sur le bâteau direction l’Ile du château d’If d’où s’est évadé le fameux Dantès.

On s’éloigne alors de la Plage du Grand Roucas Blanc et Marseille apparaît dans toute sa splendeur, elle dévoile son histoire, son patrimoine. Je vois le vélodrome bien sûr, la Cité Radieuse comme un clin d’oeil d’archi – pensée au Corbu – Notre Dame de la Garde dominant la ville, le Pharo et le Cercle des Nageurs ! Associée à ce tableau urbain, aux montagnes, à la mer cette course offre un cadre unique, on sent comme un privilége de pouvoir la faire. Une contemplation qui ne laisse pas échapper le fait que nous nous sommes bien éloignés ! Grisée je ne suis pas impressionée, c’est à l’arrivée, aux abords de l’Ile que je montre une certaine timidité face à ce lieu chargé d’histoire, d’une histoire et celle que je me suis moi même contée. J’y pose un pied en respect.

 

Nous voilà tous les trois débarqués, nous faisons partie des 850 nageurs, l’espace se fait rare, l’île devient rocher. On se trouve une petite place pour à nouveau contempler Marseille devenue toute petite. On échange sur nos stratégies de course, on se refait le parcours, on règle les derniers détails, on s’englue de vaseline et il est déjà temps de quitter cette île.

 

Il faut sauter, la phrase mythique  “La mer est le cimetière du château d’If” ne résonne plus en moi, l’heure est à la fête, la mer est belle, l’eau claire et turquoise. Tout le monde s’y jette. Allez le TUC ! Allez le TTM ! Naaan Allez Toulouse !!!

 

On nage tous les trois les 50 m pour aller au départ on arrive à rester ensemble malgré la masse, l’ambiance se fait plus intense, ça s’agite, ça crie, ça fait monter l’adrénaline et la corne de brume retentit ! Dernier coup d’oeil à ma soeur, je suis contente qu’elle soit là avec moi et je l’encourage une dernière fois, un adieu le temps d’une course. (Partager et se voir dans l’eau ça relève du miracle même si on le sait ça arrive #leauvestoryinbegur).

 

Il est temps de se mettre à nager ou plutôt de s’extirper, c’est tumultueux. Je me dis que cet entassement, les coups et l’agitation disparaitront dans quelques instants. Il n’en est rien. Je nage sans trop avoir d’exigence. La seule option est de se faire porter par le tas. Je garde mon calme, je suis là dans mon défi, je sais très bien ce que je dois faire, j’entends encore les derniers conseils de la veille, merci John et Fred. Dur de ne pas s’exciter mais je sais que je n’ai pas les moyens de le faire, pas de suite du moins. J’enclenche le mode rand’eau pour ne pas faire monter le cardio je me dis de rester tranquille sur au moins 2000 et je profite. J’observe encore Marseille, qu’elle est belle. J’observe cette bataille, cette masse de nageurs qui se déplace, c’est beau. Chaque coup dans l’eau est accompagné par celui de mon voisin, ma nage est animée constamment de bulles, de bouillons, ça remue. Au bout d’un km ça se disperse et le grand bleu apparaît je me sens immergée par cette couleur, c’est parfait. Elle est là la vraie Méditerranée (-eeee). Enième moment de contemplation.

 

A me balader je m’échappe de la trace, faut que je revienne sur la troisième bouée, je me suis quand même bien éloignée et je me fais recadrée. Je me dis “enlevage” (accélérer sur une courte distance, référence amusante qui me traverse l’esprit, une référence au mode de l’aviron - qui quelque part m’a emmené jusque là). J’appuie alors sur 300/400 m pour corriger cette erreur de trajectoire, ça passe niveau coeur et bras. Les 2000 sont là, reste 3000, plus qu’à faire comme à Begur, tout va.

 

J’entraperçois Notre Dame à nouveau, je nous y revois là haut avec Alice mangeant une glace la veille de sa course – sourire - c’est un signe, à moi maintenant de rentrer dans la mienne. Coup d’oeil à ma montre, 1’59 de moyenne, il est vraiment temps de se bouger. Je mets plus de cadence, j’appuie à peine plus, je pose ma nat comme ils disent et je m’applique, grosse pensée pour Alex et Laëti.

Je remonte sur un groupe, je me mets à doubler, Negative Split bébé !!!

 

Je me sens bien, je pense à ceux qui attendent de mes nouvelles, je me sens portée, encouragée et boostée #shaïnajesuisbientôtlà. Allez plus que 2000 je mets encore plus de rythme et je sais que je peux le tenir. Je cherche la dernière bouée pour une dernière ligne droite avant l’arrivée. Elle est loin mais ça y est je l’ai ciblée et quand j’y serai, ça sera gagné.

 

Qu’est ce que je suis bien dans l’eau, bien mieux que dans mes baskets ou sur mon vélo ...

 

Je suis toujours dans un très bon état d’esprit et je continue d’aller plus vite. Dernier km je me mets plusieurs fois à sourire, je suis en plein kif !

 

Elle arrive vite cette dernière bouée, virage serré, ça y est je vois l’arrivée, - de 500 m je mets tout ce qu’il me reste même s’il est vrai que ça commence à tirer. Je double encore mais l’asphyxie commence à me rattraper, j’aurais envie de tout lâcher mais je suis bloquée pas besoin non plus d’aller jusqu’à l’apnée. Je tape. Je suis arrivée.

 

Me revoilà genoux plantés sur la Plage du Grand Roucas Blanc, là et sonnée. Je me relève ébêtée avec le sourire et comme une envie de pleurer. J’aurais envie de le serrer dans mes bras, lui dire que j’ai réussi mon pari, il aurait été fier de moi. Il n’y aura pas de larme, que de la joie. Une joie apportée par un sentiment d’accomplissement et de grande satisfaction. Je suis fière de moi même si je n’ai pas pu donner à cause de petits problèmes de santé, j’ai géré, je me suis fait plaisir, l’essentiel est bien là et ça me donnera l’occasion de revenir une troisième fois.

 

5109 m - 1h40 – 1’57/100 m

449° / 844 – 58°F/171

 

Je retrouve Bertrand arrivé avant, ma soeur arrivée peu après avec succès. Tout le monde a apprécié. On retrouve aussi Floki et Margaux qui nous réservent un bel accueil après nous avoir bien loupé à l’arrivée ^^

L’aprem ça sera à Margaux d’y aller sur le 3,5 km, elle nous fera une belle perf, 13ème F !!!

 

Maintenant place à la fête dans Marseille pour trinquer à ces exploits et continuer de faire flipper Floki qui sera sur le 2,5 km du dimanche. Demain direction le pays d’Emilie pour le Trail en Aubrac sur 12 km pour clôturer une belle deuxième saison. La bonne idée ...

 

Merci Laëti, Alex, pour les gros progrès de cette année.

 

Merci Fred, y a un an on ne se connaissait pas, y a un an t’étais le premier à trouver les mots pour me consoler sur cette épreuve ratée, c’était le début d’une très belle histoire d’amitié qui m’a emmené entre autre jusque là. Tu me diras que tu n’y es pour rien mais tu m’as beaucoup donné. Hâte de commencer un nouveau chapitre et de continuer à t’écouter.

 

Hâte de renouveler une troisième saison au TUC TRIATHLON pour continuer à vivre le sport par de si belles émotions.

 

 

 

 

 

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