M du Salagou - un ptit tour et puis s'en va

03/06/2019

Dans le sport, être déterminé, est un état émotionnel qu’un athlète s’impose.

Je fais partie de cette majorité qui considère que la détermination permet de se stimuler, se faire grandir, se prouver que tout est encore possible et réalisable.

Et ma traduction littérale, que je me martèle en trail, en est un : tu vas y arriver ! Aucun doute, aucune faille. Ma pensée est d’acier.

Abandonner est un acte lâche. C’est renoncer à sortir de sa zone de confort, c’est ne pas faire d’efforts, c’est jouer la facilité. C’est ne pas se responsabiliser au regard des engagements que l’on prend. C’est se défiler…

Abandonner, c’est une décision qui ne fait pas partie de ma liste de choix déroulant…

Ligne de départ de la natation du triathlon du Salagou, parcours M. Je ris presque toutes les trente secondes (pas stressée la fille) et on s’auto rassure avec Emilie. Et puis un sifflement retenti.

La végétation et les petits galets façonnent nos dessous de pieds. J’essaie une respiration tous les deux temps. Ca ne fonctionne pas. Les vagues sont mon métronome et je me sens progressivement paniquer. Emilie me dit d’y aller à la cool.

Je me sens prise au piège.

Je regarde derrière moi, à plusieurs reprises, où sont localisés les sauveteurs. J’halète. Je brasse. Je pense au plaisir que j’aurais sur le vélo et à la CAP ; et pourtant je vacille.

Je suis frustrée. Je ne suis pas fière. Je suis déçue. Je m’en veux de ne pas me pousser et me challenger. Je ne me sens pas en confiance. Je me dis que c’est une décision lâche. Je suis hésitante. Les autres y arrivent, Emilie aussi. Je craque.

Au bout de 35 minutes et un tour, les larmes montent. Je fixe le sauveteur le plus proche. Sa tête tourne. Je lève le bras.

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