Résurrection d’un phœnix en Terres Provençales #leJauneDonneDesAiles

31/01/2019

Après des déboires de santé, quoi de mieux que le sport pour s’en remettre, nouvelle année, nouveaux objectifs et découvertes en tout genre. Après 2-3 entrainements en côte me voilà parti pour mon premier trail. Profitant d’un week-end méga ensoleillé je repars dans mon fief natal pour les beautés de paysages et la chaleur ^^

 

Le « 360 la panoramique » une course où l’on peut courir et contempler le Cap Canaille (plus haute falaise maritime d’Europe), la Sainte Victoire (la Terre des dinosaures, je n’en ai jamais croisé), le Garlaban (le pays de Pagnol) et la Sainte Baume (p’tit col sympa pour les puristes).

 

L’avantage (le seul), ma connaissance du parcours du moins 95% car le restant se situant dans une zone militaire, beh j’ai tenté plus jeune d’y pénétrer mais c’était déjà bien gardé ! Du coup le week-end arriva, plutôt que de me reposer le samedi ou courir en légèreté, me voilà à la piscine à faire des jambes, je ne dois pas en faire assez en semaine certainement (non je déconne). Le jour J, p’tit rituel d’avant course, ça sera pâtes et pancakes, ouais j’hésite souvent entre les 2 donc j’opte pour le p’tit déj’ de costaud. J’arrive sur site, en forme, le soleil est là, je vois du novice, du runner du dimanche, du fondeur, du triathlète et des traileurs. Il y en a pour tous les goûts et niveaux.

La pression commence à monter à la remise du dossard, là je me vois prendre ma ceinture porte-dossard, si si je m’en souviens et même la foutre dans la panière à linge, « OH BONNE MER » ça part mal, bon on me dépanne d’épingles c’est cool. Place à présent à l’échauffement, le but c’est de faire chauffer les cuisses qui disait le coach, répétition de gamme, le circuit classique mais le cardio monte peu à peu et je sens mes mollets se réveiller, ça tombe bien, on annonce départ dans 3min.

Question tactique, ça sera la solution offensive (« Podium » le film pas l’objectif ^^). Ensuite vient le placement, devant ? derrière ? comme à la guerre mon frère ! Du coup, pas en première ligne, j’ai connu une fois le raz de marée en natation, je ne sais pas s’il existe le bulldozer en course à pied mais je veux éviter, donc j’opte pour la seconde ligne, sait-on jamais, en théorie à la guerre c’est la première ligne qui tombe en prem’s mais là, ce sont des élites donc les premiers tombés seront les suivants. Pas le temps de réfléchir, le coup part et hop, pic de tension, j’enclenche la première et je pars avec le premier groupe, la route est longue puis après tu sais que ça monte, 200m plus tard, tu vois un type qui sort du rang, claquage du mollet, gloups, dommage et super c’est pas moi, j’ai d’autres chats à fouetter car dans la prochaine montée, c’est collé-serré et peu étroit, donc je m’accroche au wagon et tant pis si je tiens pas, mon objectif du jour c’était de me surprendre, de kiffer, de ré-arpenter les collines de mon bled (wesh c’est pied-noir là-bas) et forcément de tirer le meilleur de mes récents entrainements. (1h10 sinon je ferais la gueule intérieurement). Première difficulté surmontée, ça tombe bien, me voilà au 1/5ème de la course. Là, je me retrouve sur le plat, j’ai l’impression que des ailes me poussent, gaffe les chasseurs pourraient me prendre à partie ! Je me surprends moi-même à doubler des types que je pense aller aussi vite que le coach David, incroyable, oui oui vous savez quand il n’est pas en canne et prend son vélo 

A présent c’est le terrain non connu, le camp militaire de la légion étrangère, il y a un segment « montée des militaires » que de la gueule, Marseille est proche ce sont des ragots, ben non en fait, ça grimpe et ça grimpe… et ça grimpe et puis merde, ça fait mal dans les cuissots ! A forcer de monter, j’arrive au sommet, là c’est total extase, le soleil, vue mer, le Cap Canaille et toutes les montagnes précédemment citées (si vous avez le « 4 à la suite », vous êtes un lecteur aguerri ou un fidèle de Juju ). Place au ravito, pas de Jaune, c’est dommage mais l’Orange fera l’affaire, place à la descente, et alors là, poussez-vous j’avais l’impression d’être le skieur novice qui dévale une noire sans savoir freiner, c’est tout droit, je pense seulement à mettre le buste en avant et fermer la bouche, oui les moustiques sont encore en vie ici. Rapidement c’est la bérézina, des larmes qui s’accumulent et qui ne tombent pas remplissant mes yeux, me contraignant à fermer les yeux, QUOI ? Tu cours, tu dévales une pente avec du cailloux, la seule à laquelle tu penses c’est ton buste et tu fermes les yeux, mais t’es un FATIGUÉ comme dirait le marseillais qui sommeille en moi ! En réalité, j’avais écouté un TUC en entraînement, qui m’avait dit, en descente, plus tu vas vite moins tu as de chance de tomber, donc c’est bon t’es bientôt parterre. Et ben non, miracle ou pas, cela ne m’est pas arrivé. J’enchaine mon effort, je double du monde, le cardio est élevé mais ça tient je dois avoir 3 poumons aujourd’hui ou un beug au capteur ^^

 

Dernières difficultés, une descente dans un chemin de chèvres, pentue et large de 30cm à la louche, plutôt à la hanche, ça tape de partout pendant que je descends, là je me coltine une femme, bien en jambe certes mais qui galère, pas les bonnes chaussures c’est dommage, tellement que ça va bien j’arrive à discuter avec, elle ne me propose même pas de passer, seulement de faire le body-guard si une autre femme approche car elle joue le TOP10 et ne veut pas se faire doubler, mais bon c’est pas mon métier ni mon envie, en bas de la pente sur le plat, je te mettrais un sprint juste pour te doubler et ne plus t’avoir dans les pattes. Ça y est, je touche le bitume, au moins une pointe à 30km/h, ce n’est pas ma vitesse mais celle du mistral dans mon dos, un sentiment de bonheur, qui déchante vite quand arrive la dernière côte, du bitume en zone boisée, donc adieu le soleil, bonjour le mistral, j’ai les dents qui claquent et des stalactites qui se forment. Un groupe devant moi, pas du coin ou simplement à bout de force qui marche, je me dis, passe et garde en tête que derrière la butte, il y en a encore une, puis la descente et l’arrivée. Voilà de nouveau cette femme, une tortue géniale en descente mais une lionne affamée dans les montées, car je n’ai rien lâché mais elle me talonne de nouveau. Le sommet est là, il reste 400m de descente, accroche toi mad’moizelle c’est ma terre, j’en suis fier et tu vas gentiment rester derrière, mais non elle attaque, donc je riposte et fini comme si c’était le 100m aux JO, je passe la ligne et en oubli le chrono.

Bilan : Tous mes objectifs réalisés, et déjà l’envie d’y retourner, ça tombe bien, je n’ai pas eu la Wonderbox soin et bain de boue à Noël, donc RDV au ForrestTrail dans la marre à cochons !!   

 

 

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