Anaël - Son premier Half

15/08/2018

Half de la montagne noire (alias mon 1er half) : objectif barrière horaire

 

Cette saison, ma 2e sous les couleurs du TUC, je m’étais fixé 2 objectifs principaux :

  • Faire un marathon de montagne (trail de Gavarnie, format 42km/2800m d+) => on ne peut pas vraiment considérer que l’objectif a été atteint vu que le parcours avait été réduit à 36km… ☹

  • Faire un triathlon format half : n’ayant pas osé tenter le half altriman car le dénivelé à vélo m’en a dissuadé (je n’ai pas un physique de grimpeur !! ^^), mon choix s’est porté sur le half de la montagne noire, un peu moins ardu mais quand même un joli défi !

 

Cela faisait donc quelques mois que je lorgnais de temps en temps sur le site internet de l’organisation en attente de la mise à jour des parcours pour cette édition 2018. Quand ils les ont publiés, j’ai découvert avec surprise l’existence d’une double barrière horaire à 4h50 à la pose du vélo et 6h50 au finish ! Pour officiellement 1.97km de nat en 3 boucles avec sortie à l’australienne, 87km/1335m d+ de vélo en 2 boucles et 21.2km/520m d+ de course à pied en 2 boucles, je trouve ça hyper tendu ! Du coup j’envoie un petit mail à l’organisation pour avoir des détails et signaler que, même si ce n’est que mon humble avis, je trouve un peu dommage de mettre une barrière aussi serrée, ça doit certainement décourager des gens. Leur réponse me rassure puisque la barrière met hors classement mais pas hors course. Du coup je ne vois pas l’intérêt de cette mesure mais bon… c’est parti je m'inscris et je motive au passage Francis (TUC) et Robin (pas TUC mais peut-être futur TUC qui sait ?) à faire de même. Pour Robin c’est son premier tri mais étant meilleur que moi dans les 3 disciplines, je ne me fais pas trop de soucis pour lui. Je dirai d’ailleurs en rigolant que la seule manière que j’avais de le battre était qu’il ne passe pas l’épreuve de la mêlée en natation, je le regrette un peu maintenant vu que c’est ce qu’il s’est passé… Il n’a pu faire qu’un tour de natation et a été obligé de sortir de l’eau. Heureusement pour lui, même sans dossard, il pourra faire le parcours vélo et une partie du parcours cap.

 

Du coup, une fois inscrit je répète à qui veut bien l’entendre que mon objectif est de finir avant la barrière horaire, ce n’est pas de la fausse modestie comme il y en a sûrement parfois, je dirais plutôt que j’ai conscience de mon niveau :-) J’ai même avoué espérer être le dernier à passer sous la barrière horaire pour avoir la fameuse ovation qu’on réserve généralement au dernier, ce serait trop la classe à Dallas !

Dans le détail, j’ai pour objectifs 45 min de nat et 3h30 de vélo (transitions comprises) puis tenter d’avaler ce semi-marathon/trail en 2h30 pour finir autour des 6h45 ! Pour info 2h30 c’est ce qu’il me faut pour un semi “sec” (sans la fatigue préalable des autres épreuves) équivalent en dénivelé dans les coteaux de Pech David. Autant dire que ça va être tendu mais si ça ne le fait pas, au diable la barrière, je prendrai le temps qu’il me faudra !


Le jour J, j’arrive bien en avance (pour une fois), malgré un GPS qui m’a fait quelques blagounettes pour trouver le petit village de Fontiers-Cabardès. Je retrouve mes 2 compères sur le parking, on est motivés comme jamais ! Retrait des dossards puis installation des affaires de course à pied dans la 2e aire de transition (il y a 2 aires de transitions séparées) dans laquelle je me retrouve juste à côté d’un autre TUC en la présence de Marc Demolombe. Ce qui m’inspire immédiatement une nouvelle idée de stratégie : coller aux basques de Marc tout le long et tenter de le doubler dans le dernier km de cap. Aussi ingénieuse que soit cette idée (elle a au moins eu le mérite de détendre l’atmosphère et de nous faire bien rire), je décide de m’en tenir à ma bonne vieille stratégie initiale de la tortue : y aller lentement mais sûrement. Spoiler alert : mauvaise décision car Marc finira 2e, j’aurais donc pu gagner la course ! ^^ Chapeau bas en tout cas !

 

Ensuite on part en convoi à la queue leu-leu pour 4km de vélo jusqu’au lac où on pose nos montures dans la 1ère aire de transition. L’eau est à 24° donc combi interdite, ce qui me va très bien. Comme d’habitude, tout le monde se sent obligé de dire que sans combi il ne sait pas nager, il va couler, blablabla… ;-) Quelques longueurs dans le lac pour s’échauffer (ou se refroidir car il fait déjà chaud), un essai de sortie à l’australienne avec plongeon depuis le ponton pour voir si les lunettes tiennent et on se rapproche du départ pour le dernier briefing.

 

9h30 tout pile, le départ est donné et comme on n’est que 60 participants, ce n’est pas trop trop la cohue dans l’eau finalement. Le premier tour se passe bien, j’essaye de me caler dans les jambes des gens qui sont devant moi mais souvent je n’arrive pas à tenir la cadence alors je change de victime ^^ Mes lunettes me jouent des tours, elles prennent un peu l’eau et j’ai peur de perdre mes lentilles de contact. Je n’ai pas besoin de ça pour une fois que tout est au point niveau logistique... Je ralentis pour essayer de les remettre et je boucle mon 1er tour tant bien que mal. Au plongeon les lunettes se barrent à moitié, je m’arrête encore pour les remettre… ça va être long cette histoire ! 2e tour sans grand-chose à signaler, c’est déjà presque la routine : 2e plongeon, je remets mes lunettes et c’est reparti. Dans le 3e tour j’ai l’impression d’être seul au monde, un trou s’est creusé devant moi et je me demande si je ne suis pas dernier. Mais ne voyant pas de canoës autour de moi je me dis que je ne le suis probablement pas. A la fin de la natation, en sortant de l’eau je me retourne et je vois un gros peloton toujours dans l’eau. Je file à l’aire de transition, il reste pas mal de vélos, ça me rassure. Transition plus ou moins expresse puisque je prends quand même le temps de me sécher les pieds avant d’enfiler les chaussettes puis je grimpe sur mon vélo avec 5 petites minutes d’avance sur le planning puisque ma montre affiche 40min25s : cette affaire démarre plutôt bien !

 

Après 10 premiers kilomètres de vélo plutôt tranquilles, nous voici revenus au village de Fontiers-Cabardès, il n’y a pas foule mais les quelques spectateurs présents ne sont pas radins en applaudissements. J’aborde donc motivé les 2 boucles de 40km malgré le fait qu’il soit déjà 10h30 et qu’on se rapproche des 32/33° promis par miss météo… Heureusement la majorité du parcours vélo est en forêt, dommage pour la vue mais heureusement pour nos organismes. Francis me double vers le milieu de la première boucle, j’accélère la cadence pour rouler avec lui quelques minutes et discuter un peu mais il a de sacrés cuissots le bougre ! Il compte bien rattraper Robin que l’on pense 5 à 10 minutes devant nous car à ce moment-là on ne sait pas qu’il n’a pas fini la natation... On s’encourage mutuellement et puis je laisse filer Francis que je ne reverrai plus. Ça grimpe, ça grimpe et ça grimpe encore dans la forêt. On traverse quelques villages dont “Cuxac” qui me fait bien marrer (essayez de le prononcer) puis on amorce enfin quelques belles descentes. Je discute un peu avec un autre concurrent qui râle après les arbitres car ils ont mis 5 min de pénalité à sa copine qui roulait trop proche de lui (drafting interdit), il s’arrêtera pour l’attendre au ravito suivant. Sur la fin de la première boucle, les ravitos ont été dévalisés en eau, merci la canicule avec laquelle miss météo nous rabâche les oreilles à longueur de journée :-). Mais ouf il reste pile de quoi re-remplir mon bidon d’1L. Après un nouveau passage à Fontiers, bis repetita pour une 2e boucle. A ce moment-là je suis légèrement en avance sur l’objectif vélo de 3h30 mais je sais que le 2e tour va être plus éprouvant. Je me fais d’ailleurs doubler par pas mal de monde mais je me répète qu’aujourd’hui je me bats uniquement contre moi-même. Parmi eux le couple dont la fille s’est pris la pénalité, elle a l’air déterminée à rattraper le temps perdu et me dépasse à bonne allure. Le gars suit comme s’il faisait une promenade du dimanche… pfiouw ils m’impressionnent ! De mon côté je n’ai plus d’eau depuis bientôt 30min quand on arrive en haut de la 2e boucle au ravito tant attendu. Mais ils m’annoncent… qu’ils n’ont plus d’eau !! ☹ Le mec devant moi a pris la dernière bouteille. Je passe donc ma route en grommelant mais heureusement il est sympa, il me rattrape et me tend sa bouteille en roulant pour je boive une gorgée. Merci l’ami ! A ce moment-là on roule en plein soleil et ça cogne dur dur… ça fait bientôt 4h que le départ de la course a été donné et je commence à sentir les premiers signes de la fatigue qui jouent sur mon moral : peut-être que finalement ça ne serait pas si grave d’abandonner avant la fin ? Pourquoi je me force à faire ce genre de trucs déjà ? etc. Heureusement au ravito suivant je m’enfile 2 verres d’eau, reremplis ma gourde et je mange tout ce que je trouve : des fruits secs, de la banane, des tucs… j’en repars ragaillardi comme jamais ! Encore quelques bosses, quelques descentes qu’à présent je connais et voici Fontiers, 3e épisode : il est temps de poser le vélo, il est plus de 13h30.

 

 

 

J’ai le plaisir de voir que ma chérie et ses parents sont arrivés, quel comité d’accueil, ça me fait du bien au moral ! Ils sont juste de l’autre côté du grillage de l’aire de transition, ce qui fait qu’on peut discuter pendant que je change de chaussures et que je me débats avec mon camel-bag. Je me plains que mes pieds ont chauffé dans les chaussures de vélo, mon dos commençait à tirer, mais globalement ça va. Je sors du parc après 3h43 de vélo transition comprise, bon… c’est 13 de plus que sur le programme initial mais avec les 5 minutes gagnées en natation, sur un malentendu ça peut toujours le faire : il me reste 2h26 avant la barrière horaire, go go go !

 

La première boucle de course à pied est très dure. Une chaleur écrasante, pas grand-chose d’autre que nos pieds où fixer le regard. En dehors d’un gros mur rapidement expédié, ce sont surtout des montées douces dans lesquelles on se sent un peu obligés de (tenter de) courir pour ne pas perdre trop de temps. Malgré ça je marche beaucoup et le moral est en chute libre. J’ai définitivement fait une croix sur la barrière horaire dans ma tête et je m’en fous : je me projette à ce moment-là sur un semi en plus de 3h... Par contre je culpabilise de faire attendre ma famille aussi longtemps… Bref je me plains intérieurement quoi ^^ Heureusement qu’il y a un ravito tous les 2/3km pour reprendre un peu le moral, boire et s’asperger la tête. Ils distribuent aussi des éponges imbibées d’eau que je cache sous ma casquette. Je me fais doubler par un VTT de l’orga suivi de la première féminine qui, dans son 2e tour, n’a pas elle non plus un rythme d’enfer mais contrairement à moi qui ne suis que dans mon 1er, elle a l’air encore fraîche ! On m’annonce enfin que je suis en haut et qu’il ne reste que la redescente et j’en aurai fini avec ce 1er tour, ce qui me redonne un peu de baume au cœur. D’autant plus que le retour vers Fontiers est assez abrité et plutôt agréable et qu’au final j’arrive beaucoup plus vite que prévu au village. Sans montre GPS je ne peux rien assurer mais je doute fort que cette boucle fasse 10.6km comme annoncé étant donné que je n’ai mis “que” 1h12 pour la terminer. Du coup un rapide calcul m’indique qu’il me reste environ 1h14 pour faire mon 2e tour avant cette foutue barrière, du coup je me remets à y croire. Cette perspective et de nouveaux encouragements de mes 3 supporters préférés me redonnent de l’allant et j’accélère un peu le pas dans le début de la seconde boucle.

 

 

 

Je ne croiserai plus grand monde étant donné qu’il n’y a pas foule derrière moi et que je ne doublerai personne non plus mais les bénévoles sont toujours au rendez-vous, merci à eux ! :-)

La grimpette avalée, il me reste moins de 25min pour faire la redescente alors j’essaie de lâcher les chevaux et de donner le peu qu’il me reste. “Il suffit de se laisser rouler jusqu’au village” me dira un bénévole, j’essaie d’appliquer ce principe au mieux mais je n’ai rien pu avaler de solide depuis au moins 2h et mon ventre commence à me faire souffrir. Heureusement ça finit par passer et j’accélère la cadence en lorgnant du coin de l’œil sur ma montre : il reste 5/6 min mais je ne vois toujours pas le village et je n’entends pas le speaker… ça va être chaud !

 

Finalement à moins de 3 min de la barrière, j’arrive enfin sur la route goudronnée, je vois les arbitres au loin, j’accélère encore, je passe devant eux, dernier virage et je vois l’arche d’arrivée, ça va le faire il me reste 2 min !! Trop laaarge en fait ! Je passe la ligne en “héro” vu que le speaker a annoncé que j’étais probablement le dernier qui finira sous la barrière (ce qui sera le cas !), mon souhait a été exaucé ! :-D

En réalité, au-delà de ces considérations de chrono, c’est pour moi une vraie victoire en soi d’avoir passé cette ligne ! En plus l’organisation a finalement été sport puisque les 5 finishers au-delà de la barrière ont aussi été classés : normal j’ai envie de dire, ils en ont autant ch*** que les autres non d’une pipe !

Claire, Jean et Florence sont là pour m’accueillir, Francis, Robin et Marc aussi. Le speaker raconte quelques conneries, on rigole, on fait une photo sous l’arche d’arrivée et on va boulotter tranquillement quelques sandwichs au saucisson au ravito de fin, elle est pas belle la vie ?!

 

 

 

 

 

 

 

Epilogue :

 

Il y a un an et demi quand je me suis inscrit au TUC, Etienne, en me parlant des avantages de la licence Compétition, m’avait dit qu’un seul triathlon distance half suffisait à la rentabiliser. Ce à quoi j’avais répondu que ce ne m’engagerais pas sur ce type de distance tout de suite, c’était impensable !

 

Et bien voilà, saison suivante c’est fait ! Et ça conclut parfaitement une belle année sportive pleine de trails, de triathlons et surtout de partage. En effet, dans 3 semaines tout pile nous nous envolons avec Claire pour vivre quelques temps sur l’île de la Réunion. C’était donc ma dernière compétition sous les couleurs du club, du moins avant quelques temps, qui sait ? Mais je continuerai à porter fièrement ce t-shirt jaune chargé de souvenirs (et de sueur actuellement, mais c’est moins glamour :p) ! Merci au club de nous mettre dans de si bonnes conditions pour nous entraîner, merci au bureau et aux coachs pour tout ce qu’ils font pour nous et merci à tous les TUCs pour les moments passés, les conseils, les encouragements aux entraînements ou en course !

 

A bientôt j’espère les tri-copains !

 

Anaël

 

 

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Posts à l'affiche

L’intégrale des Causses - de face, de profil, en biais

November 17, 2019

1/10
Please reload

Posts Récents