Un dimanche pas comme les autres à Nice

12/08/2018

La préparation

4000 km de vélo

800 de CAP

80 de natation

Voilà en quelques chiffres ma préparation. Suivi par Fred Lureau, je crains qu'il me pousse trop comme pour les entrainements du mercredi soir, mais la préparation était super adaptée à mon niveau. Il est vraiment top comme entraineur !

Beaucoup d'entrainement entre 12h/14h, le lundi piscine à 7h00, le dimanche matin vélo souvent avec de la pluie et le froid en hiver.

Ca c'est les 4 1ers mois, a partir d'avril les choses sérieuses commencent avec des enchainements vélos course à pied de 7h00 pour le plus long.

Ce jour là lever 5h00, départ 6h00, je suis arrivé après le repas de famille ...

J'ai eu pas mal de casse aussi, outre les 4/5 crevaisons j'ai cassé un rayon de ma roue alu, deux rayons de la roue carbone (en faisant un joli soleil en prime).Du coup je suis parti avec devant une roue alu, et derrière une roue carbone.

J'ai même crevé avec la voiture à deux jours du départ !

Durant cette période j'ai mangé tout ce qui était conseillé sur les sites de nutrition, comme les baies de Gogi, les graines de chanvres, la spiruline (quel arnaque ce truc, 200 euros le kg !!!) mais aussi tout ce qui ne l'était pas comme le saint honoré dont j'ai mangé la moitié d’un grand gâteau.

Je ne sais pas si c'est lié, mais je n’ai pas eu de blessure, qqs contractures qui ont disparues après qqs séances de kiné (merci JB).                                                              

 

J-1

Je suis arrivé le vendredi, nuit sur Cipières avec Fred et ses pots. Le samedi je pars sur Nice récupérer le dossard. Sur Nice, c'est l'effervescence autour de l'évènement. Tu croises beaucoup de triathlètes avec le sac Ironman.

en récupérant le dossard, tu vois la fameuse arrivée de l'ironman avec le tapis rouge et l'arche noire. Image que tout finisher met sur son facebook et toi en voyant ça tu dis, il est trop fort le gars.

Ce jour-là je peaufine ma préparation en essayant d'accrocher les chaussures de vélo avec des élastiques comme font les pros, cela évite de courir avec les chaussures de vélo ; je fais plusieurs essais dans les rues de Nice plutôt concluants.

Ce qui pénible avec le label Ironman c'est qui faut tout préparer la veille et tout mettre dans les sacs pour les transitions : un sac bike, un sac run.

 

Contrairement a ce que je pensais je ne stresse pas.

Le stage de Tenerife avec la fameuse sortie 170 km / 3700 de dénivelé (merci à Lolo et Manuel pour l'organisation), la reconnaissance du parcours de Nice que j'ai fait deux fois (merci Pierre pour m'avoir accompagné) et les heures d'entrainements m'ont donné assez confiance.

 

 

Jour J

Lever 4h00. Je mange mes flocons d'avoine, Fred un peu de riz et on met nos tatouages avec les numéros sur le bras et la jambe. Fred met sa tri fonction et du coup on ne voit plus son N° sur le bras :-)

5h00, on descend, dans la rue c'est impressionnant il y a tellement de monde qu'on se croirait en pleine journée. Ici tout prend plus de temps : pour rentrer dans la zone des athlètes il faut faire la queue, pour rentrer dans le parc à vélo il faut marcher 10 min tellement le parc et grand.

Faut dire qu'on est 2800. J’arrive à mon vélo il est 5h45, le parc ferme dans 15 min. j'ai un peu la pression, j'accroche les chaussures sur le vélo avec les élastiques, met les barres énergétiques dans le vélo, le montre. Voilà tout est OK.

5h59, je sors de la zone vélo, je mets ma combi et j'arrive sur la plage de galets pour me mettre dans le sas des 1h10. A côté de moi un gars a une plaquette. Je me dis p'tain il n’a pas le droit ?! Et en fait je vois qu'il n'a qu'un bras. Waouh, trop fort le gars nager avec un seul bras , mais bon il a une plaquette :-))

Tout le monde attend, le speaker essaie de mettre l'ambiance mais tout le monde est un peu tendu. Quand je repense à tous ces heures d'entrainement, juste pour cette journée, un grand moment d'émotion d'envahi ... et le départ est donné, le jour se leve.

Les 2800 personnes avancent et se jettent à l'eau, ça y est c'est parti pour qqs heures de "plaisir".

Même en rolling start (tout le monde ne part pas en même temps) la densité des nageurs est importante mais j'avance sans trop forcer, je négocie bien les bouées trop bien d'ailleurs car j'en prend une dans la tête. Lors du retour de la 1ere boucle de 2400m, je ne vois plus rien j'ai de la buée, le soleil rasant m'ébloui. Je m'arrête en prenant qq coups pour les rincer, je vois mieux mais toujours du mal à distinguer les bouées. Je suis les autres nageurs et vers la fin un nuage arrive cool j'arrive à me repérer. J'enchaine 2ieme boucle de 1200m, je vois dans ma montre que je suis à moins de 50 min. Je me dis que je pourrais accélérer mais j'ai trop chaud, l'eau est à 24°C avec la combi c'est limite. Je sors de l'eau pas fatigué, temps 1h11, je suis assez content, je n’ai guère fait mieux lors de mes entrainements. A la sortie de l’eau je suis surpris de voir Guillaume et Lucia, c’est cool de les voir là. Je cours vers le vélo couloir 33, ah non d'abord il faut récupérer son sac bike avec le casque/lunette. Je mets un temps fou à le trouver (au moins 30s !) et c'est parti. J'ai oublié de manger ma compote lors de la transition comme prévu. Je sors du parc à vélo je monte sur le vélo le pied direct dans la chaussure tout est ok, mais un gars tombe juste à côté de moi, je réussi à l'esquiver ouf.

Voilà maintenant c'est les 180 km.  

Je mange ma compote sur le vélo, au début ça roule bien c'est du plat faut juste faire attention aux blocs bétons qui bloque la promenade des anglais aux véhicules.

A Gattière, c'est le début de la boucle avec le dénivelé.  Après qqs km j’arrive sur l’aller retour vers Cipières, je croise Pierre qui est devant moi, et au virage tous les pots Fred qui m’encouragent (ils sont tops) . Arrive la 1ere difficulté le col de l'Ecre. Là faut faire attention aux arbitres car en passant à moto ils mettent qqs cartons aux gars qui sont trop près les uns des autres. En montée avec la densité de vélo c'est dur d'être éloigné surtout quand on double on que l'on se fait doubler. Du coup quand j'attends une moto je ralentis pour éviter un carton et les 5 min de pénalité ! En haut du col km 70 sans le savoir je double Pierre qui a pris un carton.

Descente, plat montée s'enchainent et la dernière difficulté qui est une longue montée avant Coursegoules. Lors de la reco j'étais cuit après cette montée, mais aujourd'hui ça passe bien. L'aller-retour au col de Vence je peux encore appuyer sur les pédales. J'aperçois un maillot du tuc, c'est Vincent qui attend le passage des Tucos, il me met un peu la pression m'accompagne sur qqs km, super sympa, ca fait du bien.

La descente je sais que je peux la faire a "fond", je connais assez bien les virages. Avec Manuel un gars du Portugal et son vélo aéro on se tire la bourre, il va un peu plus vite mais comme il ralentit avant les virages j'arrive à le doubler puis c'est lui qui me double. Excellent, je me revois un peu sur la moto ...

De retour à Gattière, le reste de la descente et pas top, on traverse beaucoup de villages, je commence à fatiguer j'ai mal au ventre donc j'arrête de m alimenter pour que cela passe.

Retour sur le plat vers saint Laurent du Var, là des gars roulent en peloton, ce qui est interdit mais là pas d'arbitre. Un gars me double énervé et me dit "regarde les ces porcs comme ils draftent". Je pensais que moi aussi j'aurais bien aimé drafter avec le vent de face, ça n'aurait bien aidé moralement, mais bon trop dangereux. Je pédale sans trop forcé j'ai plus de jus.

Il me tarde d'arriver et de commencer à courir. Je trouve les derniers km longs. J'arrive enfin sur la promenade des anglais ; Cool mais vent de face sans forcer je ne vais pas très vite.

A un km de l'arrivée, une petite fille traverse quand je passe, j'ai le temps de l'éviter mais quelqu'un cri attention au vélo et elle fait demi-tour et bam ! En une fraction de seconde je me retrouve par terre. J'ai peur d'avoir fait vraiment mal à la petite, je me relève, elle n'a rien. Ouf, par contre moi j'ai le coude en sang, les lunettes explosées je vois un bout de carbone par terre (selle hs).

Tout le monde vient vers moi me demandant si ça va. Je reprends mes esprits et remonte sur le vélo, mince ma roue est voilée, je desserre les freins et j'arrive à l'aire de transition.

Je pensais me faire soigner, mais bon assez perdu de temps, casquette/chaussure et je commence le marathon. Je me sens super bien je suis à 12km/h, mais je m'arrête quand même à tous les ravitos, il faut chaud. Tous les tours Guillaume, Lucia, les pots de Fred (sauf Arnaud qui est au bar 😊 en face de la promenade) m’encouragent, ça fait du bien. Après la 1ere boucle, je me sens déjà beaucoup plus fatigué. Je bois de l'eau mais ça fait plus de 2h00 que me suis pas alimenté. J'ai très chaud, je suis épuisé, j'ai du mal à reparti courir après les arrêts aux ravitos. Il me semble être super espacés alors qu'ils ne sont qu'à 2 km les uns des autres. A la fin de mon 1er tour, je croise Fred Bellanger sourire aux lèvres, lunettes glacées à la top gun, je me dis que ce mec assure trop, il avait raison de partir tranquille. Au 15ième KM, je ne suis plus sûr de finir, je suis mort.

 

Comme mon cardio n'est pas très haut, je me dis que je vais prendre des boissons énergétiques au prochain ravito. Un nuage salvateur arrive. Cool il fait moins chaud, je commence à manger un peu de tout, mon estomac est OK. Maintenant je peux recourir à 11km/h je suis "bien". Je sens que c'est bon, je vais y arriver. 20 km, OK, je croise Fred Lureau qui finit euphorique, il me fait marrer.  30 KM, toujours OK. J'ai mal au pied, mon dos me brule (dû à la chute à vélo) mais il pleut c'est trop bien. Je finis le dernier tour, ça fait du bien au moral de se dire qu'on finit. Je croise Fred qui a l'air fatigué. Je me fais doubler par qqs personnes, j'essaye d'accélérer mais impossible, il me reste 5 km je fais l'impasse sur les deux derniers ravitos et enfin je marche sur le tapis rouge et noir de l'arrivée. Tout le monde scande mon nom, j'ai l'impression d'être le vainqueur c'est magique. Par contre dès que je passe la ligne d'arrivée, tout s'arrête. Le speaker crie une énième fois "you are an ironman" mais ca me fait pas grand chose. Personne à l'arrivée, il pleut et il commence à faire froid.

Je cherche de quoi manger, mais c'est de l'autre coté de la promenade. Après avoir mangé soupe, poulet, fruits crêpes et mis le maillot du finisher je vais retrouver Fred à l'arrivée. Ca y est on l’a fait !

Un grand merci à tous ceux qui m’ont suivi, envoyé de message, téléphoné ça fait du bien de se sentir soutenu.

Après 6 mois intenses place au repos, enfin jusqu'à la rentrée car l'année prochaine c'est reparti pour une année au TUC, super club qui allie sport, performance et super ambiance (n’est-ce pas Fred 😊).

 

 

 

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