L'Altriman de Clément Felino

18/07/2018

Je suis sous l’arche, je termine mon premier semi. Tous mes voyants sont au rouge et je sens mon mental faiblir pour la première fois depuis 12h sur cet Altriman. Mes amis TUCs sont là, c’est le délire, j’ai envie de les embrasser mais je dois repartir pour plus de 2h de course à pied, je dois continuer machinalement ce que j’ai commencé à l’aube, dans le brouillard.

 

Mais quand cette histoire a-t-elle vraiment commencé ? Impossible que ce soit il y a deux ans, quand je finissais mon half sur le même parcours, dans la douleur. J’avais assisté plus tard, la gorge serrée d’admiration, à l’arrivée de Lolo et Fernando en me disant “plutôt mourir que de repartir pour un tour, comme eux”. On croit se connaître. En 2017 je termine 3 half, mon corps est averti et mon esprit a tranché : Altriman je serai.

 

La vraie-fausse annonce de la dernière édition de cette épreuve mythique pour les 10 ans est l’occasion pour mon club de coeur d’emmener la grande famille : c’est incroyable, et on ne peut l’imaginer avant de le vivre. On se sent porté, et la vie devient une colonie de vacances permanente. Et si l’histoire avait vraiment commencé par notre stage TUC à Tenerife ? Pour la prépa physique, il n’y a aucun doute.

 

En revanche, rien ne m’avait préparé mentalement à me trouver là, les pieds dans le sable, avec une chair de poule à transpercer le néoprène en ce samedi matin. C’est l’adrénaline qui me porte depuis le réveil. Chaque moment est unique, les mots sont rares sur le parc en mettant de l’ordre dans les munitions de la journée. Rien n’est assez gras, sucré ou salé.