Course plaisir sur le Half Altriman

13/07/2018


Il y a un an, je discutais avec Lucia qui avait terminé le M de l’Altriman. Quand elle m’a annoncée le dénivelé de la course, je me rappelle lui avoir dit que jamais de ma vie je ne ferai cette course, que si je devais faire un triathlon dans les Angles ce serait un S, trop de D+ sur le M faut pas déconner…

 

Et me voilà un an plus tard, sur la ligne de départ du Half Altriman, en ayant cliqué comme une abrutie sur « inscription » après que Clem me l’ait bien vendu « tu verras c’est une super course, le paysage est trop beau, en plus il y aura tous les TUC, et puis regarde, il y aura Nono et Axelle sur ce format, blablabla ».

Mais ça, c’était avant de savoir que le parcours vélo ne faisait plus 90 mais 100km avec le Port de Pailhères en guise de « cerise sur le gâteau ». Trop tard, va falloir s’entraîner maintenant…

Je me dis que je suis laaaaaaarge niveau timing, et puis en fait les semaines défilent à une telle vitesse que nous sommes déjà la veille du 7 juillet.

 

Gaelle, Axelle, Nono et moi sommes dans la même chambre (avec Charline, comme supportrice ;) ) et on se demande quelle mouche a bien pu nous piquer pour faire notre premier L sur l'Altriman. A chaque fois que l’une d’entre nous monte les escaliers, elle râle : « les filles… J’ai mal aux jambes et je suis essoufflée en haut des escaliers… c’est normal ? » 

Etat de stress ? Zéro évidemment ! On check nos sacs, et surtout notre bouffe et on part manger notre repas de veille de course entourées de tous les tricopains. On a des hôtes au top : pâté, pâtes au fromage, et poulet à la crème (ou plutôt crème au poulet...), le repas de veille de course idéal… (et attention, pas de crudités ni de bières avant la course ! Les corses comprendront ;))

A 5h le réveil sonne en trombe… Nono la marmotte nous abandonne pour aller au départ de l’Altriman. Ces fous… On n’est pas sereine, alors qu’eux sont partis pour environ 15H de course et le double de notre distance… Quand elle revient, elle est déterminée « c’est décidé, l’année prochaine, je fais l’Altriman en entier ! » (Bien entendu après plus de 8h de course, elle a changé de discours, que du pipo !)

 

Et ça y est, le moment tant attendu arrive, je suis un peu émue de faire cette course, de voir tous les copains, de recevoir autant d’encouragements, et pourtant je ne joue rien, l’objectif de l’année, c’est fin Août comme dirait Marine. Aujourd’hui, on se fait plaisir, on ne subit pas, et on ne se blesse pas ! Je pense partir pour 8H30/9H de course, je me dis que c’est l’équivalent d’une journée de travail, et que quand on est bien occupé ça passe plutôt vite…

 

Natation - 1900m : Je pars tranquille, je mets un peu de rythme mais reste dans ma zone de confort pour garder de l’énergie sur le vélo. Je me donne 35’ et sors en un peu moins de 34’. Je tente le DAB pour Cécile et Mélo mais avec les mains coincées dans la combi je crois que je les ai déçues !

Je prends mon temps à la transition, je m’assois pour enlever ma combi et prends de quoi me couvrir car risque d’orages. Je suis entourée de jaunes et noirs, c’est trop cool !

Je fais ma princesse et m’autorise même le luxe de glisser une crème solaire dans ma poche arrière (pour ceux qui m’ont demandé pourquoi je n’avais pas de coups de soleil, voici mon terrible secret)

 

Vélo : 100km - 2400m de D+ :

Les premiers kms je les fais avec Fréd. On est toute en vélocité « Fréd, c’est normal que ma montre indique 14km/h ? » « Oui Laura, on est vraiment à 14km/h ». Bon, on peut pas être toujours au top...

Les kilomètres défilent, je suis tellement heureuse ! Il fait trop beau, et je suis enfin sur la course qui occupe mes pensées depuis plusieurs semaines, c’est génial, la vie est belle les oiseaux chantent…

On commence avec le col de la Quillane, puis le col de la Llose, Rémi roule avec moi pour m’accompagner. J’en ai profité pour lui faire une blague bien pourrie (« le col de la Llose, c’est la loose »). Il a rigolé, il est sympa quand même. 

Je me fais doubler par des TUC, on s’encourage, et Axelle me rattrape au bout de 40’.

 

Montée du Col de Creu au km 23, je suis en bas et j’entends hurler en haut, je suis sûre que ce sont les TUC, j’appuie sur les pédales, j’ai trop hâte de les voir, ils ont une banderole, ils crient partout, c’est la folie ! Je m’excite un peu sur la fin du col, remplie de toutes ces énergies et me fait plaisir dans la descente (un petit KOM en bonus). Il me tarde déjà de courir !

 

Mais plus loin au km 45, avant Cancanière, il y a un vélo coupé en deux sous une voiture, un cycliste sous une couverture de survie, heureusement ce n’est pas un TUC (il aura « juste » une fracture du tibia). Ca m’a bien calmée pour la suite, j’aime les descentes, mais j’aime encore plus ma vie…

 

Km 70, arrivée au Port de Pailhères, je crie « YEEEES » à tout va, et descends toute excitée en pensant que c’est la fin !! Sans compter qu’une TTM m’explique qu’en fait il reste le col des Hares et que ça ne va faire que monter. Moral à zéro, batterie à plat, j’en ai marre, le vent souffle, je n’avance pas, c’est loin, j’ai chaud, et Nono me double au bout de 80km (avec son vélo décathlon, elle m'épate). Je me demande comment je vais bien faire pour courir, j’ai les jambes en feu. 

J’arrive enfin au bout de 100km, le compteur indique 5h23, je suis contente, je pensais en mettre 6. Je prends le temps de changer de chaussettes et de mettre des compeed, je veux être confort pour ces 20 bornes, je ne connais plus cet effort. En 6 mois ma plus grosse sortie faisait 13 km, je comptais donc sur mes acquis en course à pied, et le mental pour terminer la course.

 

 

 

Cap - 21km 400m de D+ : Je suis tellement heureuse de courir, les jambes répondent bien, je ne regarde ni les km, ni le temps pour vivre pleinement ma course (j’apprendrai plus tard que tous les kilomètres étaient peints au sol, trop focus je n’ai rien vu… j’ai du perdre quelques neurones dans Pailhères). Il pleut pratiquement toute la course. 

Je rattrape petit à petit Nono, elle n’est pas loin, dans la côte quand elle marche je marche, quand elle court je cours, au fond de moi j’espère la rattraper. Une espagnole me colle au basque, elle s’appelle Laura aussi. On fera les ¾ de la course ensemble. Je me fais doubler par Seb qui est sur sa première boucle du marathon… et pourtant je suis en train de courir !

 

 

La dernière côte me semble interminable, je marche beaucoup. Arrivée en haut du dernier ravito (merci Adri pour m’avoir accompagnée quelques kms à VTT), je regarde enfin ma montre, j’ai fait 15km, ça veut donc dire qu’il reste seulement 5km et ce n’est que de la descente et je n’ai pas de douleurs. Je deviens folle, crie des « yeeees » à qui veut bien m’entendre, dans 5km c’est terminé, et c’est trop bien ! Je double l’espagnole et ne la reverrai plus. J’ai tellement de chance de faire tout ça, de voir tous ces beaux paysages. La pluie perle sur mon visage et je souris comme un enfant, je m’élance à fond pour ces 5kms de descente, j’ai hâte d’arriver sur la ligne…mais je ne vois pas Noëlle !! Elle a du avoir la même idée que moi…

 

Passage de la ligne d'arrivée au bout de 8H18 de course, ça y est, on l’a fait… Et c’était presque trop court. Alice m’attend avec le reste de la troupe, elle m’a encouragée comme une dingue tout au long de la journée, je suis heureuse de la voir. Vous voyez quand on est bourré et qu’on a envie de dire au monde entier qu’on l’aime ? Eh bien c’était la même dans mon coeur. Cette course n’aurait pas eu la même saveur sans tous les tricopains. Merci à tous et merci aux organisateurs pour cette super sortie club ;)

 

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