Lolo aux Angles il y a 10 ans

12/06/2018

L'histoire commence à Embrun en 2008, lorsque je finissais mon premier Embrunman et là quelqu'un me donnais un prospectus évoquant l'"ALTRIMAN", je disais dans un premier temps que c'était encore une surenchère à Embrun, mais je me suis convaincu au fil de l'année que c'était moins cher, plus près, et surtout plus dur! Le défi était donc à relever!

  Il est 4H30, nous montons dans la voiture avec Jean-noël, le thermomètre affiche 3°C.
Nous démarrons, le parc à vélo est à 10 minutes. Arrivés sur place, il fait toujours nuit noire, nous amenons nos affaires
au parc à vélo, nous laissons nos sacs pour les navettes de Mijanès et Gesse.

Arrivé devant mon emplacement je commence par préparer mes affaires de vélo et de course à pied.
J'enfile la combinaison. Ayant peur du froid, je tenterais d'en mettre 2, mais en vain.

Je suis le premier à l'eau, une première pour moi qui rechigne souvent à me mouiller avant une épreuve.
L'eau paraît chaude, en effet la température extérieure doit être de l'ordre de 6°C et la température de l'eau d'environ 16°C.
Je suis super motivé, je ferais même quelques largeurs dans l'anse de départ.
Les concurrents commençent à arriver sur la plage de départ.

On distingue au loin à plus d'un kilomètre la lampe qui nous guidera pendant la traversée.

Il est 05H30, le maire des angles donne le départ avec son fusil.
C'est parti, je pars derrière la meute de triathlète prêt à en découdre,
je nage doucement pour ne pas subir les effets de l'altitude.
Je reste derrière un groupe de triathlètes, au milieu du lac, le clapot levé par la légère tramontane se fait sentir,
 mais rien de très prononcé. Arrivé au bout du lac, je me trouve entre les deux bouées,
je décide donc d'aller chercher la première bouée à gauche puis la seconde pour revenir,
certains triathlètes vont jusqu' à la berge.
L'organisation aurait du éclairer chacune des bouées comme à Embrun,
celà aurait évité des efforts supplémentaires inutiles.

Nous entamons le premier retour, je distingue les bras des triathlètes qui lèvent des gerbes d'eau, dans le crépuscule,
l'eau est projetée sur quelques mètres avec le léger souffle de la tramontane. Là encore, il y a plusieurs lumières et il est difficile de savoir quel est la bonne.

En  revenant sur la berge de départ, je commence à avoir de bonnes sensations de glisse, moi le piêtre nageur.
La sortie à l'australienne se fait sans précipitation, et c'est reparti pour un tour, je nage maintenant dans un groupe homogène.
Le jour se lève, nous aperçevons les 2 bouées jaunes de l'autre côté du lac, un arbitre est positionné juste avant pour faire respecter le parcours,
dommage qu'il ne se soit pas positionné là plus tôt. Nous contournons les 2 bouées, celà correspond à la dernière longueur. Le jour est levé et nous aperçevons clairement la berge sur laquelle a été donnée le départ.

La sortie de l'eau est magique, je rentre dans le parc à vélo en courant,
Marco m'annonce que je suis en 39ème position pour un temps de 01h11 min,
je suis très content car je sais que je vais remonter des places en vélo.
Je me change complètement, pour avoir des habits secs. Il est 6H40 et le froid du matin est encore présent, je mets donc 3 couches et des manchons.

Une fois le vélo enfourché, je commence déjà à m'alimenter car celà va être long, et la petite heure dans l'eau à 16°C a certainement commencé à attaquer mes réserves.
Nous partons en direction du col de la Llose, en passant par Ayguatebia, la montée est progressive et j'ai de bonnes sensations, je sais que la descente est technique car la route est étroite, sinueuse et avec des graviers par endroit, je remonte pas mal de concurrents, au virage en épingle avant de rejoindre Rallieu, on commence à sentir la tramontane, je jouerai avec le relief pour économiser des forces et m'abriter un peu, merci la reconnaissance de la veille éffectuée en voiture avec Seb et Jean-no, la remontée sur le col de Creu, se fait sans difficulté particulière, je suis à la lutte avec 2 cyclistes: un en vert, et un autre. Je continue à m'alimenter de petits morceaux de barres de céréales.

Philippe Marty d'Albi triathlon, est là aussi en voiture, il me doublera à 2 reprises, merci pour son soutien. Nous avions reconnu la boucle du Half (c'est presque le même parcours mais dans l'autre sens), 3 ou 4 jours avant, c'était très sympa!

J'ai longuement réfléchi la semaine avant, en reconnaissant le parcours, à laisser ou enlever le prolongateur pour alléger mon vélo, mais le fait de le laisser sera déterminant, malgré que l'épreuve vélo de l'ALTRIMAN soit essentiellement une étape de montagne. J'utilise le prolongateur de Matemale jusqu'à l'entrée de Rouze.
A la sortie de Formiguères, un concurrent à un problème vélo ou il a chutté car pas mal de gens sont aglutinés
autour de lui.
Nous avons maintenant, la tramontane de face mais celà est rapidement compensé par le faux plat descendant. J'ai toujours les 2 cyclistes derrières moi, j'attaque car je connais le parcours. Nous doublons 2 ou 3 autres concurrents. Ce sont de bons cyclistes car en descente, ils arrivent à maintenir la vitesse en s'économisant, alors que je tourne pas mal les jambes.

Les choses sérieuses commençent, à Rouze, puis à Mijanès, nous doublons 2 ou 3 autres triathlètes. A Mijanès, j'avais laissé un sac de vêtement chaud, et du salé, mais je ne m'arrêterais pas.  L'assencion du col de pailhères a commencé, je serais à la lutte avec le cycliste en vert, c'est le basque espagnol "Vicente IGARZABAL", mais il aura raison de moi, juste quelques lacets après Mijanès, il monte debout, c'est vraiment  impressionnant, je me dis que je le reverrai, rappelons qu'il réalise le meilleur temps vélo de l'épreuve en 07:48:27 et je ne le reverrai pas.

Le temps se couvre, c'est très nuageux, il fait froid mais nous sommes abrités de la tramontane, nous aurons quelques gouttes voire un peu de neige, et je commence déjà à regretter de ne pas m'être arrêter pour me couvrir un peu plus. Dans la montée, j'aperçois des concurrents plusieurs lacets plus bas, c'est bon pour le moral. En haut du pailhères, je distance toujours l'autre cycliste, mais le vent est de plus en plus présent. L'organisation a placé des bénévoles en haut, un gamin me tendra un journal, je l'en remercie encore, celà me permettra de ne pas prendre froid dans la descente.

 Cette descente débutera en partie dans la brume, mes doigts sont gelés au niveau de la station de ski d'Ascou-Pailhères, un virage en épingle à droite et c'est le début du pradel. Les rayons commençent à apparaître et le parcours est toujours aussi magnifique. Côté alimentation, j'alterne entre barre de céréales, pâtes d'amandes et pâtes de fruits. Je suis toujours à la lutte avec l'autre concurrent, mais j'ai un "coup de moins bien", il me passe et commence à creuser l'écart. Au fil du col, la distance qui nous sépare s'allonge. En haut du col de pradel, je sais que la descente est périeuse, étroite, ombragée par la forêt avec beaucoup de gravier, çà fait 3 fois que je descends ce col cette semaine! Je m'engage donc à fond pour essayer de retrouver mon compagnon de route mais je ne le reverrai pas non plus. Avant le village de "La Fajolle" dans l'aude, et oui, nous sommes passés des Pyrénées Orientales (66) à l'ariège (09) et nous sommes maintenant dans l'aude (11), un concurrent a un problème avec son vélo, mais les arbitres sont là pour lui porter secours, ce gars là s'entraînait aussi la semaine au paravant, c'est un breton vêtu de blanc, sûrement un costaud
, un "Breizh Punisher", je ne m'attarde donc pas car encore un fois, je sais qu'il est possible d'exploiter le faux plat descendant et nous sommes en plus à l'abri de la tramontane, je roulerai tout à droite sur le prologateur de "La Fajolle" jusqu' à Bessède-de-Sault, tenant parfois, le guidon juste avec les coudes pour continuer à dépioter les sachets des barres de céréales pour m'alimenter. Nous sommes au kilomètre 130 et je suis encore bien, merci le foncier, travaillé tout au long de l'année. Sur cette route qui mène à Gesse, il y a pas mal de bosses que j'ai réussi à passer sur la plaque, par moment j'apercevais le maillot blanc du breton, mais je réussi à gagner du terrain, je m'en aperçois en comptant les bosses, je gagne 2 bosses, puis 3...

   Dans chaque village des bénévoles et des habitants sont présents, notamment à Roquefort-de-Sault un gamin me crie "5ème"! Je me dis qu'il dit n'importe quoi, puis la même chose au village "Le Bousquet", je suis alors en train de réaliser que je fait "la course". Au col de Garavel, le seul col que je n'ai pas reconnu, l'assencion me parait interminable, je décide monter souple avec le triple. Il fait très chaud et je n'ai plus faim, mais je me force tout de même à manger.
Il n' y a personnes devant et personnes derrière. Nous som mes au kilomètre 150, il faut que je gère. Dans la descente vers Escouloubre-les bains, je demanderai gentiment à une voiture de s'écarter, à la conductrice qui à la vitre baissée, je la double sur la gauche, elle a dût halluciner!  A Carcanières, Marc et Nadine sont là je ne les reconnaitrais qu' après la montée qui monte au village, je passe de tout à droite à tout à gauche, je garde de la vélocité pour une ascension efficace. Marc et Nadine me rejoignent avec leur voiture, ça fait chaud au coeur de voir des gens que vous connaissez après 165KM de vélo. Le moral est bon, mais les jambes commençent à faiblir, je puiserai mes forces dans le mental, c'est d'ailleurs ce moment que j'apprécie, car à tout moment il est facile d'abandonner. Je continue donc en direction de Quérigut, je dois géré car je sais qu'il reste le col des Hares, que j'ai passé plus de 4 fois la semaine d'avant, il est insignifiant mais au delà de 100KM, il fait mal aux jambes et il paraît interminable.

Je commence à manquer d'eau, pour une bonne raison, les bénévoles ne tendent pas les bidons lorsqu'un concurrent  leur tends un bidon, après avoir perdu du temps en faisant demi-tour à un ravitaillement, je n'ai plus voulu m'arrêter. Nous arrivons sur en haut du col des Hares et je demande de l'eau à chaque personne, cycliste, ou voiture que je croise mais ils ne comprennent pas que je ne peux m'arrêter: course oblige!

 La troisième partie exploitable au prolongateur arrive de la dezscente du Col des Hares à l'arrivée, nous avons une légère tramontane de dos, idéal pour amener le vélo, malgrès les petites bosses, le plat commençent à la carrière, encore merci, la reconaissance!

 Quelqu'un de l'assistance me doublera en voiture, au niveau de Formiguères, me demande si ça va, je lui demande de l'eau, et il me tends une petite bouteille d'eau gazeuse fraîche! Le rêve, une oasis en plein désert. Je bois plusieurs gorgés, range la bouteille, et c'est parti couché sur le cintre, et toujours pas de breton! A l'arrivée avant Matemale, je finis ma bouteille, mange une dernière barre et prépare ma transition: je retire les manchons, les gants, ouvre mes 2 vestes, dans le chemin qui mène au parc à vélo je retire mes chaussures. Ca y est je vais posé le vélo dans le parc. J'apprends la place réelle: "6ème". Michel Hortola fait les éloges du TUC!

  Dans le parc à vélo, je réalise la meilleure transition vélo/CAP, c'est magique: pose du vélo, retrait du casque, enfilage des chaussures et prise des gels en 1 minute et 41 secondes, merci Serge pour les petits conseils rabâchés au fil des ans, comme, par exemple la pose des lunettes sur le cadre, etc...

  Pour ne pas faire, la même bêtise qu' à Embrun et courir d'entrée à des allures de marathon sec, et passer le deuxième semi à marcher et à subir, je décidais de partir tranquille et de ne pas suivre les allures de coureurs bien plus fort, je me rends compte que les 5 premiers ont une large avance au moins 5 kilomètres et que je ne pourrai certainement pas gagner de places. Mais l'autre enjeu, est surtout de ne pas en perdre, il y a trois endroits sur le parcours ou l'on peut se rendre compte de l'avance d'un concurrent: 2 fois au CCAS derrière le lac et une fois au lac de balcère. J'utilise donc les marques au sol pour me rendre compte de la distance qui me sépare de mon poursuivant et je m'aperçois qu'au 6ème kilomètre j'ai un peu plus de 2KM d'avance, j'ai une allure en dedans, à chaque fois que j'en ais sous la pédale, je n'appuis pas, j'essaye au contraire d'économiser mon énergie en gardant la tête droite, et en cherchant une foulée rasante. Je m'alimente aussi regulièrement avec des gels plus faciles à assimiler que les barres solides, je m'arrête à chaque ravitaillement pour boire, et me verser un verre sur la tête, après un deuxième passage au parc à vélo je me dirige vers le village des angles, le moral est bon, mon but est de ne pas marcher, les spectateurs nous encouragent, c'est formidable! J'attaque l'assencion dans le village des angles, vers le gîte Azimut en haut du village. juste avant la montée, je plonge la tête dans la fontaine du "Carlit", en haut, c'est le ravitaillement, ça fait chaud au coeur, tout ce que je connais sont là: Seb, Marc, Nadine, Flo, Casa et Gaïa de l'Azimut, ils sont bénévoles, je prends de nouveau des forces pour aller sur le lac de Balcère. Merci à Seb et à Marco de m'avoir supporté.
  Nous attaquons la partie du parcours que je connais le mieux, puisque je faisais tout mes enchainements sur ce chemin qui mène à Balcère, je connais même 2 petites cascades sous lesquelles il fait bon se rafraichir et je ne m'en priverais pas, au retour du lac de Balcère, c'est la moitié du marathon mon poursuivant à gagner du terrain, il est à un peu moinsde 2KM, je me dis que je dois maintenir mon allure. Après un autre ravitaillement à l'azimut, je descends tranquille pour ne pas subir le contre-cout de la descente (erreur comise au trail des citadelles, celà s'appelle l'expérience).
  De retour au parc à vélo, je croise Jean-Noël qui en est à son 10KM, il a l'air bien. Puis ce sera autour de Davy, qui est là aussi, sous le bois de Matemale, je suis content pour eux, car ils en terminent aussi! Pour moi, c'est environ le 30ème, je me pose la question, si la barre du 33ème kilomètre du marathon sec existe sur un IronMan, et la réponse est oui. Cette barrière est d'autant plus importante que l'allure est soutenue, mais comme je gère ma course de façon à être le plus régulier possible, celà se traduit simplment par un "petit coup de moins bien", juste après le barrage. Mon attention se réveille car je réalise que je vais pouvoir de nouveau contrôler la distance entre mon poursuivant et moi, et là surprise, mon poursuivant n'est pas au rendez-vous j'ai toujours un plus de 2KM d'avance. Je suis à moitié content car je réalise qu'il ne s'agit pas du même triathlète, celui-ci doit donc courir plus vite! De cette inquiétude, naîtra la force mentale qui permettra de tenir, c'est clair qu'au kilomètre 36, je ne laisserai personne me reprendre un peu plus de 2KM à 8KM de l'arrivée. Le passage au parc à vélo sera toujours aussi euphorique, merci Michel Hortola.

Le 39ème KM à la sortie du bois est très dur il n'en reste plus que 3. Le mental joue, et je me dis qu'une 6ème place, c'est un classement improbable, mais c'est bien réel, la peur de ne pas finir m'a poussé à me préparer de façon quasi-profesionnelle. La dernière montée aux angles est rude mais je continu à courir, la fin est proche, je passe dans le centre du village et là c'est l'arrivée! Enorme 6ème en 13H49! Je suis très ému et content, je féliciterais l'organisation pour leur épreuve, ils ont donnés naissance à un triathlon au format IronMan plus dur que celui d'Embrun. Sur le podium, je revois les gens qui m'ont supportés: Seb R., Marc et Nadine, Seb B. et Val. (Seb B. a qui je dois mon goût pour le triple effort!). C'est magique! Je repense aux semaines d'entrainement et aux heures de selles: le stages à Fréjus avec les copains du TUC-TRI31: Lolo D. l'homme qui fait parler les ZIPPs, Mickaël et ses desserts, Laurent P. et sa gentillesse, Jean-Noël qui n'était pas convaincu de faire un IronMan, Christophe G. qui s'est blessé juste avant et que j'avais presque convaincu de s'inscrire sur l'ALTRIMAN (ils m'avaient aussi suivi sur le toit du monde!), Steph notre président qui est désormais finisher à Nice, Christophe D. qui prend gout au triple effort de plus en plus, le druide qui est toujours de bon conseil!

Pour la petite histoire, celui qui arrivera 7ème, n'est pas celui que je m'attendais à voir, et ce n'est autres qu' Eric Pinna dont la meilleure place est 3ème à Embrun en 1999.

Je tiens aussi à saluer mes copains de vie et de RAID: François et Seb avec qui je partage souvent des épreuves de l'impossible: Raid du Mercantour, Trail Blanch, Trail des citadelles, Gruissan Phoebus Trail, etc ...

 Je repense au 3 jours de vélos en montagne pour rejoindre Pau à Luchon, en passant par les cols de Marie-Blanque, Hautacam, Tourmalet, Aubisque, soulor, peyressourde, port de balès et j'en passe, avec Alex (Bonne chance pour l'IronMan de Barcelone), Seb. G., Olive (Le Mont ventoux c'est comment?), Thierry, Lionel, qui ont dût supporter le cintre!

 Je remercie aussi les 2 routards: Laurent P. et Vincent G. qui me permettent de rouler après le bouleau, et qui me font fumer derrière les oreilles... Laurent avec ses attaques enfin de rond point après des kilomètres sur la plaque, et Vinvent l'infatiguable.

  Je remercie Lolo D.,  Rob et Bruno avec qui je fais de la piste, et surtout avec qui je partage des courses en duathlon et en triathlon.
 
  Je remercie Jean-Noël et Davy de m'avoir suivi, jean-no avec qui j'ai pu notamment aller chercher le pic de Nore depuis Toulouse, et Davy que j'attends toujours pour rouler! 

  Je  remercie aussi ma compagne et mon fils de supporter un sportif du dimanche!

   Cette sixième place est relative, il n'y avait pas de pro. Nous étions à peine 120, et c'était un jour avec! Et surtout une préparation miticuleuse, jusqu'à 10 jours avant la course. Merci à Flo et Casa du Gîte l'Azimut pour leur acceuil et leur convivialité! Merci à tous! Ceux que j'ai oublié et ceux des autres clubs avec qui j'ai pu me tirer la bourre...

 

 

 

 

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