Nelly la rideuse sur le Half du Salagou en relais

03/06/2018

Bon, on ne va pas se mentir, l’inscription à ce triathlon est parti d’un check à la soirée de Noël, entre une gorgée de bière et des pas de danse endiablés  « ouuuaaais okay on fait un relais en L, whouuu ! ».  Ce sera donc un triathlon L en relai avec Justine et Emilie. Je serai au vélo, une première, n’ayant jamais frôlé un vélo route de ma vie. 

Novice en vélo de route donc, mon premier vrai rencard avec les pneus 10 millimètres fut à Auzat –Ariège – belles virées.

En bonne technicienne, je m’étais équipée la veille du stage. « taille 38 ou 40, j’ai que ça » me dit le vendeur, « ben va pour 40 alors hein ! ». Puis, aux alentours de 22h30, Justine m’a demandé si j’avais des cales « des cales ? Whaaat..? » Du coup, Auzat ça a été chaussures de trail aux pieds, pédales auto et en avant ! 

Parlons-en des cales, j’ai l’impression qu’entre nous,  c’est un peu  comme la chanson de U2, With or without you… 

Premier rapprochement avec l’achat des cales après le boulot au Décath.

N’ayant pas pris le temps d’accrocher les cales, je les laisse dans leur emballage et je poursuis les sorties vélo avec le combo gagnant d’Auzat et ça paaasse !

Entre temps je repasse à Décath fignoler mon équipement de cycliste en vue du Salagou ; bidons et barres énergétiques (au diable les barres Charbrior Riz soufflé/Fruits rouges d’Intermarché !)

Mercredi, la relation avance, les cales sont carrément scellées aux chaussures. 

Jeudi, les choses sérieuses commencent entre nous. Première fois. Je fais ma séance à Saint Sernin. Il n’y a pas de voitures et de quoi s’entrainer à clisper/déclipser jusqu’à en avoir marre de passer pour une débile auprès des lycéens qui squattent le trottoir longeant la basilique. Freinages d’urgence comme ce que tu pouvais faire en 4ème lors de la journée de la sécurité routière. Oui tu sais, quand tu es dans la voiture test et que le moniteur freine d’un coup pour te montrer qu’il faut être vigilant sur la route même à 30 kms/h. J’ai donc voulu faire la même chose, histoire de m’imprégner des sensations cyclo, et ça a fini …. par terre, les chaussures accrochées aux pédales. J’ai tourné pendant une vingtaine de minutes avant de considérer que le test était concluant. 

Vendredi, départ dans la bonne humeur avec les filles pour un bled pas loin du Salagou. Les autres TUCos nous rejoignent. Après les pâtes, chacune prépare ses affaires pour le lendemain. N’ayant ni haut de vélo, ni porte-barres, j’opte pour le scotch de déménagement, discret et très pro, que je replis en version double face afin de fixer mes barres de compèt’ sur le cadre. J’entends même Nico me dire :

  • « Ben les barres salées c’est quand tu fais plus de 4h d’effort. 

  • Et bien je ne sais pas combien de temps je vais passer les fesses sur la selle okaaaay ! »

Lendemain matin, levées 5h45 (on s’est vraiment chauffées pour le coup !). On a le droit à la super playlist des années 2000 d’Emilie : Cry me a river de Justin Timberlake et Confessions nocturnes de DIAM’S sont, entre autres, ses best…. H. E. L. P. :/ (on est à deux doigts de créer une cagnotte Leetchi : « Stop Justin ! »). 

Après une petite demi-heure de voiture, nous arrivons sur le site et on récupère nos dossards. Effectivement, on s’est chauffées, nous sommes dans les premières à être dans le parc à vélo. 

L’heure du départ approche, on retrouve Juju la courageuse qui va s’élancer pour la première partie du relais. Le départ est donné. Je rejoins le parc à vélo rapido car je sais que Juju tartine dans l’eau. Je m’équipe et j’ai l’impression de partir en guerre : je n’ai aucune idée des sensations que je vais pouvoir ressentir à faire une course chronométrée en cyclo et la gestion de l’effort associée.  

Emilie me rejoint au parc et puis quelques instants après, on voit Juju arriver en courant, à fond ! Au pétard, c’est à mon tour. Spontanément, on se fait un câlin d’encouragement, de joie et on enchaine.   

J’ai l’impression d’être au débarquement en Normandie, c’est con en plus car je suis seule à partir et pas de ciel qui gronde au-dessus de ma tête ; le soleil est splendide. Je cours avec mon casque sur la tête, mes munitions accrochées au cadre, mon attirail de bataille, je fais le vide autour de moi, je déconnecte et regarde devant.

Je grimpe sur le vélo et suis les cyclistes qui sont devant. Rapidement, très rapidement, je constate que je ne vais pas tenir les 35kms/h durant tout le long alors j’y vais à mon rythme. Première montée. Arrivée en haut au bout de 20 bornes, avec le soleil qui tape je me dis « putainçavaêtrelong ». Ultra crispée en descente, j’essaie tout de même de profiter des panoramas. 

En bas de la descente, je vois un triathlète, trempé, avec de la terre sur les bras, je me demande si c’était Mud Day aujourd’hui, en voyant son bras bien éraflé, je comprends qu’il a fait un tout droit dans la rivière au lieu de prendre le pont ; bon plan pour être à la fraiche !

Plus loin, je prends une barre (sous le cuissard, et oui, j’ai vraiment peur de crever de faim quand je fais du sport, et puis on est en guerre, il faut bien faire des réserves ;)) et je me rends compte que ce n’était pas la meilleure des idées d’avoir pris une barre Aptonia enrobée de chocolat avec une température extérieure de 28 degrés…

Je poursuis à travers les paysages méditerranéens, les villages nichés dans les garrigues, le soleil lourd. Aucune technique cyclistique, je me fais doubler à la volée, sans rien comprendre alors que je suis au max de ce que je peux faire. 

Etant seule sur le vélo et ayant du temps à mettre à profit, je respire, je chantonne, et je pense à plein de trucs : les virées en vélo qu’on faisait avec les copains pour aller à la piscine l’été, mon boulot actuel, les gens, et plus généralement la vie. 

Deuxième grosse montée, et seconde descente encore plus crispée que la première « Mince à la fin, lâche tes freins ma vieille ! » mais impossible pour l’instant. 

Je ne sais pas trop où on en est niveau parcours mais les 40 premiers kms m’ont semblé durer une éternité. J’essaie de ne pas me démotiver à voir les coureurs passer devant mon nez. Ils ont probablement davantage de pratique et je me contente d’avancer. 

 

Le compteur tourne et je reprends une barre sur mon cadre, tout a bien tenu et bien fondu, c’est génial. 

Kilomètre 60, un motard de la gendarmerie nationale se met à ma hauteur pour me demander si tout est ok et combien de bornes il me reste à faire avant de prendre la poudre d’escampette. 

Le lac réapparait doucement et le relief est moins important ; on est sur la fin. J’arrive à rattraper une, puis deux filles. Je me dis qu’il faut que je tienne 10 bornes sans me refaire doubler une énième fois. Plus que 3 bornes, je tourne la tête, personne, je garde mon petit rythme, l’arrivée est là. J’entends Cécile et d’autres TUCos qui m’encouragent. Je déclipse et court, dans le même délire guerrier, primaire, qu’au départ. Je retrouve les filles, pose le vélo et encourage Emilie. Je suis contente. Deuxième partie du triathlon terminé après presque 3h30 de bons et loyaux services. 

Je suis scotchée par tous ceux qui se donne les moyens ou se sentent capables d’enchainer les trois disciplines sans sourciller, ça impressionne. 

Next step Altriman S en entier… c’est peut être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup (c’était cadeau ;))

 

 

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