L'hivernale des Templiers

 

 

Le 62km vu par Housni :

"Cette histoire commence par un programme qui devrait se conclure sur une petite ile au large du Maroc (Lanzarote, iles canaries). Le programme prévoit des Macrocycles et des Microcycles. Un marathon étant parfaitement incompatible à cause de ses exigences bitumales, ce sera un trail nature plutôt long (> 45Km). Je profite d’une proposition kikicour pour m’inscrire sur l’hivernale des templiers (merci Emilie).

Après la pause de l’été, le long me fait du bien et j’ai du mal à suivre les kikicours sur le fractionné. Semaine après semaine je progresse et sent monter la forme.

Yannick et Pierre, mes sparing partners me mettent régulièrement la race sur les fracs. Pas la peine de s’exciter le chemin est encore long.

La course approche et je sonde les copains pour connaitre leur état d’esprit. Pffff, Pierre a complètement relâché après son Marathon et a l’intention de faire acte de présence. Il espère arriver au bout. Yannick est selon lui en mode « free wheel » et n’a aucune intention de se rentrer dedans après ses problèmes de genou. Il n’y a donc plus d’enjeu pour moi. Ce sera donc une sortie longue sans intensité. Donc, je ne déroule pas mon programme prévu (lever le pied, régime dissocié, configuration course, travail de côte et d’allures) et au contraire, profite d’un magnifique WE de marche et de la bonne chair à Madrid. Je me fais même mes travaux de potager avec des heures de pelle et de pioche le Jeudi soir et le vendredi soir à la frontale et la totalité de la matinée de Samedi. En montant dans la voiture pour aller chercher les copains, je me rends compte que j’ai mal aux bras et aux jambes. Pas de souci, on va se faire une balade à 3. Problème, en préparant mon matos le Jeudi soir, mes chaussures de trail cassent net dans ma main. M… trop tard pour aller en acheter une autre qui ne sera pas faite à mes pieds.

Nous arrivons à Roquefort et déjà la première galère. Je n’ai pas de dossard et aucun dossier à mon nom pour la course. Après de multiple parlementassions, je fini par retrouver un mail envoyé par l’organisation m’autorisant à compléter mon inscription sur place.

P & Y arrivent sur ces entrefaites et m’annoncent qu’ils n’ont pas de place dans la navette. On cherche une solution et finissons par trouver 2 coureurs dans la même galère. On se programme donc des trajets voitures pour aller à la couvertoirade et en revenir. Voyant un coureur galérer pour trouver un moyen pour aller au départ, je lui donne ma place dans la navette car je vais rester avec mes copains. Nouvelle galère, les 2 gars ont trouvé un moyen de monter dans la navette par des désistements et nous voilà sans solution. On finit par trouver 2 gars qui se font accompagner et qui nous donnent leur place. Problème moi qui ai donné ma place n’en a plus. Le sort s’acharne….enfin la lumière et une place se libère, on peut aller manger et dormir.

Souper sympa et nous voilà prêt à retrouver Morphée.  Trop facile, le voisin regarde la télé et on a l’impression qu’il est assis avec nous. Il éteindra sa P… de télé vers 2 h du matin. Réveil à 4h, préparatifs et conditionnement. Je vais gratter la porte du Pierrot qui sort en slip… panne de reveil… Tout s’arrange et nous voilà garés. Premier contact en tenue avec les  -3 et le vent… Mon tél affiche -5 et ça descend…content de monter dans le bus. La pression monte… il fait un froid de canard et on est gelés sur place. On trouve une espèce de garage où les coureurs se cachent du vent. Il ne reste plus que 10mn. Une grosse commission pour se soulager et on y va. On se trouve un petit jardin sympa à peine le slip au niveau des genoux, le propriétaire furieux sort en hurlant. On s’enfuie tous les 3 comme on peut… les remparts nous tendent les bras et c’est là que l’on va déposer notre petit souvenir. Cette fois c’est le départ. Une dernière accolade entre potes et le départ est donné. Quelle mouche a piqué Yann, ce fou part comme un tambour et on a du mal à rester dans sa roue.

Je me suis fait niquer, ils ont l’intention d’en découdre et moi qui ne suis pas frais…

Dur dur de les suivre avec mes chaussures de footing. Je ne pensais pas qu’ils avaient l’intention de mettre le feu aux poudres. Je me sens de mieux en mieux et peut enfin accélérer un peu. Les paysages sont magnifiques. La neige est partout et le sol est gelé par endroit. On assiste médusé à un lever de soleil tout rouge qui remplit notre horizon. Yann nous dira plus tard que c’était une lune rousse… on a des doutes…

Je me sens bien et donne le rythme malgré des glissades permanentes.

J’entends un cri derrière. C’est Pierre qui m’appelle. On s’arrête. Yann est encore tombé sur son genou… Il a mal mais il est prêt à repartir. Il part comme une balle et nous avons des problèmes pour le suivre. Je ne sais quelle mouche l’a piqué. Impossible d’enlever la moindre couche car il fait trop froid. Je commence à avoir soif, d’autant que mon Kamel est gelé depuis le KM 3. Je sers les dents et court tout seul car Pierre a fini par disparaitre à l’horizon. 1er ravito et je rejoins Pierre. 24Km en 2h. Une allure de malade. Ça va mal se terminer cette histoire. Yann est déjà parti depuis plus de 5 minutes. On s’alimente et boit correctement et nous voilà partis. Enorme côte paysages fabuleux en bord de falaises avec la plaine à nos pieds. Ma cheville droite tourne et je mets un petit moment à pouvoir reprendre appuie dessus. Elle me fera de plus en plus mal jusqu’à l’arrivée. Je reste sur mon allure et finit par rejoindre Pierre. On court ensemble pendant un long moment. Je glisse de plus en plus. On traverse une forêt sur un énième single technique et surtout glissant. Je souffre de mon pied et surtout je glisse trop pour pouvoir suivre Pierre. Il disparait à nouveau. Une fois sorti de cette partie technique, je me lance à sa poursuite. Cela me prendra 1h15 et 10Km…

Je le rattrape finalement et nous voilà clopin cloppant comme on peut jusqu’au 40ème. Une arrivée pitoyable à 8 km/h alors qu’il nous en reste 25. Whaouh, Yann est là et il est cuit. On va se faire plus de 10mn de pause histoire de bien se restaurer et récupérer.  Yann repartira plus de 5 mn avant nous. Après une telle pause, repartir est un cauchemar. On n’arrive pas à courir tellement le sol est gelé et on a plus de jambes. On se fait doubler par un petit vieux avec des bâtons. Il va s’arrêter pisser un peu plus loin. On ne le reverra plus.

Au bout d’un petit moment les jambes reviennent et on peut allonger un peu. Je manque de me casser la figure sur les montées techniques. Dur dur le trail blancs avec des chaussures de footing. On a les doigts gelés et on se met à trembler. La route est un peu plus large et la neige empêche de glisser. Je peux donc allonger. Pierre me dit qu’il préfère enchainer au prochain ravito car il a peur de ne pas pouvoir repartir… je lui conseille de prendre le temps de s’arrêter car il va nous rester encore 15Km…arrivé au ravito pas de trace de Yann qui est parti bien avant notre arrivée j’y reste 3 minutes et Pierre prend son temps. Je me sens bien et ne cesse de doubler des gens. On se retrouve avec les gens du 24 et du 36 et là au 1er single, une mamie en 1ère de cordée et me voilà en train de marcher. Je peux enfin boire à mon Kamel dont le tuyau est contre ma peau depuis 50km. J’alterne glissade, marche à suivre les autres sur les singles et course dès que l’on peut doubler. Plus que 7Km et là Pierre me fonce dessus et me double j’essaie de le suivre mais au 1er virage à nouveau un single casse-gueule avec glissades à gogo et impossible de doubler. Plus que 4 Km dans une énorme descente un peu large, Yann est devant moi. Je lui fait coucou et repart en me disant que l’on va se retrouver un peu plus loin pour terminer ensemble. Les descentes deviennent franchement dangereuses et par endroit seul le 4 pates en descente et en montée autorise à progresser. Un nième passage compliqué. J’arrive trop vite pour trouver des gens parterre essaie de m’arrêter et fait un énorme tout droit.je suis allongé, les pieds et les mains glissent et je vois arriver les rochers…..brrrrrr… j’arrive enfin à m’arrêter et continue en m’accrochant aux buis. J’avais presque oublié la cheville qui me fait souffrir depuis si longtemps. 500 m de goudron et d’escaliers dans la ville pour terminer et me voilà au chaud. Je passe la ligne heureux. J’attend Yann avec impatience qui ne tarde pas.

On se prend dans les bras et profitent de l’instant présent. QUEL PIED !!!! on l’a fait !!!!

Reste plus qu’à se trouver de nouvelles étapes dans ma préparation…

​"​

 

Le 62km vu par Vincent Picot : 

Objectif de l'année : faire un trail de plus de 50km. J'avais coché sur mon calendrier le trail des 3 Pics, mais après un trail du Cagire difficile et un manque complet de motivation pour m’entraîner... j'ai décidé de faire l'impasse. Le trail long ce sera pour l'année prochaine et pis c'est tout. Mais car il y a un mais... Le mois de novembre arrive avec un projet de week-end sportif en Aveyron ou Lozère avec les copains. Parmi les options envisagées, l'hivernale des templiers mais finalement on ira en Lozère, c'est encore un coup de Juliette, j'en suis sur ;-) . Du coup, je m’intéresse une peu au distance, au tracé, j'hésite un peu (mais pas trop quand même) et voilà que Juliette (encore elle décidément ! ) me dis qu'elle va s'inscrire sur le 63km, François est partant aussi mais sur le 24km et Julia va nous accompagner et fera le 10km. C'est comme ça que tous les 4, on se retrouve à s'inscrire en même temps, dans la même voiture qui nous conduit pour le fameux week-end entre copains! Les semaines passent, le beaux temps est là, je me dis ce sera pas une vrai hivernale... et bien c'est raté la semaine avant la course une belle vague de froid avec la neige, le vent du nord et tout ce qui va bien. Le samedi sur la route qui nous mène à Roquefort, nous voyons les plateaux bien blancs, bon demain il y aura de la neige... Arrivé sur place, il faut les doudounes pour sortir de la voiture tellement il caille, nous retirons nos dossards et partons pour le Caylar, où se situe notre gîte. Après un goûter gargantuesque à base de Roquefort, de pain d'épice, de miel et qui se termine à 18h30, il est temps de penser à préparer le repas pour pouvoir aller se coucher tôt ! A 20h00, les sacs pour le lendemain sont prêt et nous revoici à table pour les traditionnelles pâtes carbonara! A 21h30, tout le monde est au lit, le réveil est prévu à 5h pour Juliette, François (qui sera notre chauffeur pour rejoindre le départ...) et moi. Le réveil sonne , et le premier à être levé c'est François qui prépare le petit dej, c'est vraiment un super assistant ! je vous le recommande ;-) A 5h45, nous voici pour la Couvertoirade où il fait vraiment  mais vraiment froid, nous dépêchons de rejoindre la petite salle des fêtes pour se mettre au chaud, là nous retrouvons Thomas d'Absolu et un de ces potes. Et c'est déjà l'heure du départ, nous voici sur la ligne avec un speaker qui essaye de mettre de l'ambiance mais ça marche pas du tout, les gens ont juste envie de partir tellement il fait froid et puis c'est le départ... j’espérais faire un petit bout de chemin avec Juliette et voilà qu'elle disparaît dès le premier virage... je n'ai plus qu'à espérer pouvoir la rattraper sinon avec qui je vais papoter pour faire passer le temps pendant ces 62km !

Les 10 premiers km nous offre un magnifique spectacle de lumière avec sur votre gauche un magnifique coucher de Lune, sur votre droite un lever de soleil et dans votre dos une guirlande de noêl géante (œuvre collective de l'ensemble des coureurs!). Au bout d'une dizaine de bornes, il commence déjà à faire chaud malgré le froid ! il va falloir songer à débâcher mais bon j'attendrai le ravito du 23eme km.  Les 23 premier km sont bien passé un peu vite peut être pour la prochaine section jusqu'au prochain ravito, je me dis que je vais lever le pied car si je continue sur ce rythme je vais pas aller au bout. Après une remontée sur le causses, nous suivons des petits singles bien gelés en bord de falaise mais qui offre un belle vue sur la vallée. Puis après une petite descente dans la vallée et un remontée sur le plateau un peu de plat, j'arrive enfin au ravito de 41eme km. Arrête express pour ne pas se refroidir, et je repars tranquillement en marchant histoire de finir de manger. Et c'est reparti pour une section de 11km avec une bonne dose de plat et une petite descente au travers d'un cirque qui nous conduira à Lapanouse de Cernon. Ici le soleil fait sont apparition ça fait du bien au moral, ça me permet de me relancer un peu après une portion un peu difficile entre le 32eme et 41eme km ! La descente permet de se laisser filer jusqu'au ravito. Tiens il y a bien du monde ici, en fait on vient de récupérer les tracés du 39km. Et là c'est le drame, les chemins qui jusqu' alors étaient gelés mais encore praticable, le seront encore moins sur cette dernière portion et demanderons encore plus d'attention sur les appuis. Et bien sur pour corser le tout c'est la portion la plus technique du parcours, avec le plus dénivelé et le plus de bâton de randonnée à esquiver du fait de la maladresse de leur propriétaire! Tout va pour le mieux, j'arrive à accrocher les foulées d'un autre coureur du 62km. Puis survient le drame, dans la dernière descente au 59eme km, une pointe au genou m'oblige à lever le pied, je me dis c'est bon c'est finis il ne reste plus que 3km ça va être du plat... Ben c'est raté, en fait il restait 6km un côte et une descente et une balade dans Roquefort. Dans la montée, je craque complètement, j'avance plus, je me demande comme les gosses c'est quand qu'on arrive!! Je me décide à sortir les mini snikers gardé en réserve pour les moments difficiles, j'en engloutis deux et là ça va mieux!!! J'arrive enfin en haut de la montée, je fais une descente prudente pour ménager le genou, un petit passage en mode toboggan au niveau du cimetière de Roquefort, une traversée de Roquefort qui me parait interminable, on va toute les visiter ces foutues ruelles ;-), me voilà enfin arrivé! Et là une bénévole me dit "vous n'avez pas l'air fatigué !" si un peu quand même ! je retrouve l'ensemble de la troupe. Et après une petite collation, grosse pour certains suivez mon regard ;-), nous retournons à la voiture clopin-clopant pour reprendre le chemin du retour. Encore Merci à François pour son rôle d'assistant au départ ! Juliette, la prochaine fois pars moins vite que je puisse essayer de te suivre ;-)

 

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