L'aventure SaintéLyon par Agwilh

02/12/2017

 

Au départ de cette SaintéLyon 73km environ 7000 allumés pour un total d'environ 15000 toutes courses confondues.

C'est ma première fois sur la doyenne, je me suis inscrit pour suivre une amie ce challenge a l'air plutôt sympa... Partir au milieu de la nuit en Décembre courir 73km dans le froid... Que demander de plus ?

 

Avant le départ l'ambiance est posée, nous attendons tous dans un immense  hangar, j'ai déjà froid :'). On se croirait un peu dans un camp de réfugiés pour coureur sans domicile fixe, les gens dorment par terre, assis dans les gradins... Bon mais à un moment il faut y aller  :

Départ 00h00 (il y avait plusieurs vagues) je fais les 13 premier km avec ma pote, comme on dit par ici "c'est roulant" sur la route de St Étienne, puis on commence doucement à monter pour atteindre le premier ravito. Dès le début il y a de la neige partout et il fait froid. A force de l'attendre je me chauffe pas totalement et plus ça avance, plus on monte donc plus y a de vent. Il y a énormément de monde, une file discontinue de frontale dans la montagne, l'image est magnifique !!! Quelques km après le premier ravito je perds mon amie, j'attends un peu mais j'ai très froid donc je décide de continuer seul et à mon allure (si ca se trouve en plus elle est passée devant moi et je l'ai pas vue) .

Jusqu'au km 30 tout est parfait. Je rattrape beaucoup de gens, j'ai les jambes, mais à partir de là ça se complique car en plus de la neige, le verglas s'invite à la fête. Les gens tombent comme des mouches. Les descentes sont de vraies patinoires, c'est horrible. Parfois il faut se mettre les fesses par terre et glisser comme sur un tobogant pour passer les plaques ! Tout le monde tombe petit à petit.. Avec ou sans pointes. Moi compris. 3 fois. Je me tord un peu les jambes mais à priori aucun soucis.. Dans le feu de l'action parfois on est un peu las d'attendre dans une descente pour passer donc on essaye de doubler et.. Ça marche pas à tous les coups 😂

3km plus loin le chemin remonte.. Et là c'est le drame. J'ai une énorme douleur au genoux gauche, qui m’empêche de courir. A croire que mon "à priori" de tout à l'heure était bien faux... Je me suis bien explosé la jambe avec ce verglas. Le prochain ravito est à 42km. Je décide de courir uniquement sur le plat, en descente j'ai trop mal, et en montée  tout le monde marche de toutes façons... J'arrive au 3e ravito de cette façon.

Comme je marche pas mal je fais un passage éclair aux ravitos à partir de maintenant. Je ne veux pas perdre plus de temps, car je ne suis pas fatigué, mon cœur bat à 90/100, c'est "juste" de la douleur. 

Sauf que évidement.. A force de courir un peu mon genoux me fait comprendre que non. Il veut pas. Mais qu'est ce que tu fais là mon vieux ? Moi je préférerais dormir ! Je commence à avoir des décharges dans le genoux par moment (comme des coup de tazer). Ça fait énormément mal, un peu comme quand un dentiste te charcute sans anesthésie quoi. Et là, la guerre psychologique commence. Il reste environ 31km. Dans ma tête c'est presque autant que j'ai fait, j'ai plus que une seule jambe et ça fait tellement maaal ! Mais je n'ai jamais abandonné une course encore, et ne veux pas céder sans bataille, alors je continue de me forcer à courir sur le plat, j'essaye de penser à autre chose, regarder le paysage, je chante.. Je souris  !  Il parait que ça envoie des enzymes du bonheur.. entre nous.. Ça marche bof. Mais j’atteins le km 52 comme cela. Et après la neige se dissipe et plus de verglas ! C'est déjà ça !

Là il reste environ 20km. J'ai eu énormément mal, honnêtement j'ai failli craquer plus d'une fois, des larmes aux yeux.. Un ravito dans 10km puis 10km et c'est l’arrivée. Il n'est plus question d'abandonner. Tout ce que je veux maintenant c'est arriver  en moins de 12h. Par principe car sur mon tableau To Do List j'avais écrit  Saintelyon obj 11h. (bon ok je tricherai un peu..). Je regarde ma montre  : Je suis large ! Si je fais du 6km/h c'est bon !  Et quand je marche en moyenne je fais du 6km/h. Qu'à cela ne tienne je m'efforcerais moins de courir et  privilégierai  la marche rapide, qui elle ne me fait pas si mal. (Bon en fait j'ai reçu un ou deux coup de tazer mais moins violent). En côte je double les gens.. Sur plat/descente certains me doublent mais en moyenne je m'en tire bien. Km 68 il en reste 5. Dont une cote de 1km et des escaliers en descente. Clairement c'est du masochisme à ce stade. Tout le monde marche, plus ou moins comme un cowboy. A chaque mini côte on se regarde : "c'était la dernière ? "

Km 72, plus que 1 !  Bon allez ... Soyons joueur : je le fais en courant. Je fais 100m "my god c'est super long 1km ! Bon faisons une pause je ferai que les 400 derniers mètres comme d'hab à fond" .. On tourne, un pont beaucoup de personnes qui encouragent, les ailes poussent, je cours  !  My god je cours !  My god j ai maaal 😱, bon aller je pousse un peu pour doubler celui là.. Et les 2 là..

!!!! 

Je franchis la ligne ! C'est un énorme soulagement, je me sens complètement sonné, je craque un peu les larmes commencent à monter :  oh mais attendez y a à MANGER  !  Miomy  :)

La bonne nouvelle c'est que il y a des ostéopathes à l’arrivée... Au final je m en tire avec une grosse inflammation des myo et 2 semaines et demie sans sport pour réparer ce genoux... Ça va acceptons ce n'est pas si cher payé pour la fierté d'avoir fini ma première Sainté-lyon et enneigée qui plus est ;)

Quelques stats : 949 abandons...20cm de neige de Saint Christo à St André la côte et 90 fûts de bière...

Pour moi ce sera 11h53'50 de course, et le premier ovni me direz vous ? 5h18 :')

 

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