Stephane, ironman !

27/07/2017

11h43…!

Je termine l’Ironman de Nice après un marathon difficile en 4h38. POUAAAHHH, je viens de finir l’Ironman de Nice !!! C’est sûr que la course à pied ne s’est pas exactement passée comme je l’avais imaginé, c’est une évidence. Il y a le plan, les doutes et la réalité. Le plan travaillé à l’entraînement, c’était une allure à 5 :15 au kilomètre, le plus longtemps possible. Sur les dernières semaines, les sorties vélo / CAP enchainées directement ou différées me ramenaient toujours sur cette allure. J’y ai pris une certaine habitude et un confort certain. 5 :15, ça va. Après tous ces exercices d’allures expérimentés pendant 10 mois, 5 :15 c’est tranquille ! Je me souviens de sorties rythmées, en alternance d’allures ou en progressivité, qui étaient plus difficiles à tenir qu’un 5 :15 ! Néanmoins, tout dépend de la distance… et là encore, tout est une question d’entrainement. 42km, c’est 4 fois l’A/R chez mon boulanger, c’est comme si j’allais chercher les croissants 4 fois un dimanche matin. Je le fais une fois, pourquoi pas 4 ? Alors je les ai enchainés ces A/R… 2, fois, 3 fois, il m’a pris pour un fou le boulanger… Bref, vous l’aurez compris, le plan avait été travaillé pour prendre en compte les enchaînements, la fatigue du jour, la capacité du bonhomme. Oui sauf qu’aujourd’hui, je me lance sur la Prom’ et ce n’est plus la même limonade.

Pourtant, pendant la transition, j’ai fait le check up complet : état de fraîcheur après le vélo Ok, chaleur Ok, vent Ok, aucune douleur, aucune crampe, hydratation & alimentation Ok, public au TOP, Karine & Paul identifiés sur la route, tout va bien, je me lance !

C’est parti, punaise je me lance sur le marathon de l’Ironman de Nice !!! Première chose : trouver l’allure ! Et oui, le feeling c’est super et il n’y a pas mieux pour se cramer. 5 :15 j’y suis ! Tout va bien… Karine et Paul ne doivent pas être trop loin, ah les voilà ! « Ouais, c’est cool, tout va bien » ça hurle, il y a des sourires, tout se passe très vite… je suis content de les avoir vu, on va se régaler ! Au-delà de l’allure, j’ai un second point de vigilance : l’hydratation et l’alimentation. Mangé pendant la CAP ne me réussit pas, je prendrai juste deux ou trois gels pendant la course, par contre je ne veux pas faillir à cause d’une déshydratation, alors je m’arrête à chaque ravito pour prendre un verre d’eau et de boisson isotonique (« Energy »… tu l’entends des milliers de fois ce mot…). Alors dès le début je m’arrête, je bois en marchant et je repars. Bon ça fait péter un peu la moyenne, je relance, je rattrape le coup une première fois, puis une seconde… là je dis : « bon, attends, le ravito c’est essentiel, tu n’en sauteras aucun, par contre les relances te font un peu mal là, vas-y cool » A l’entrainement, j’avais un approche un peu différente, à chaque kilomètre, je prenais une rasade sans m’arrêté. Là c’est un peu différent, je m’arrête, je bois, je relance, je slalom entre les mecs arrêtés, bref, je vois mon allure cible s’éloignée doucement. Mais ce n’est pas grave, je suis sur le marathon de l’Ironman de Nice, je continue, premier demi-tour, on relance et on balance la sauce, vent de face, ah ça fait du bien un peu d’air ! Sur la Prom’, il fait beau, la mer est magnifique, et le vent me rafraichit ! La chaleur est supportable, même s’il n’y a pas d’ombre, ce n’est pas la canicule du mois de Juin. Premier demi-tour, j’ai les croissants, on rentre… bon, c’est calme, ravito, slalom, relance, mon allure est autours des 5 :45 en moyenne depuis quelques kilomètres… 5 :45 mais je me traine ! oh mec, à l’entrainement tu t’ennuis déjà à 5 :15 et là tu te satisfais d’un footing !!! Pense aux copains qui sont derrières, redresse le bec et avance ! Alors je relance encore un peu, je tente, mais force est de constater qu’après chaque relance, j’ai le souffle coupé, les points de côté et je suis contraint de ralentir. Je recherche mon souffle, respiration par le ventre, je laisse aller les bras, ça revient, je retente et je rebloque… punaise mais c’est pas vrai, je ne lâche pas encore. Fin du premier tour, je vois Karine et Paul, « coucou j’ai les croissants ». On est tous content, c’est cool d’être là, je relance encore avec le sourire. On envoie le deuxième tour, on continue à courir, ravito, slalom, marche avant la relance, aïe… je n’aime pas ça ! C’est après un tour et demi, 15e km environ, c’est là que le moral en a pris un coup ! Je suis juste avant à l’aéroport, et après le ravito, je ne relance pas, je marche, je marche et repars et je marche encore… « Bon, faisons un petit bilan,  état de fraîcheur après 15km, bof, bof mais pas pire, chaleur Ok, vent Ok, quelques douleurs aux pieds, aucune crampe, hydratation & alimentation Ok, public au TOP, Karine & Paul au TOP… allez relance nom d’une pipe…» ; c’est à ce moment-là que j’accepte de finir loin de mon objectif. Je vois du monde me dépasser, mais ce n’est pas très important. Je termine le second tour, « ouais je gagne un chouchou bleu… je change de niveau, j’ai plus de pouvoir !!! » et ben non, tu restes le même ! Je passe devant Karine et Paul toujours au TOP, ce dernier crie dans le megaphone « Allez Papa, plus qu’un tour… » Et ben non, il en reste 2 ! Ca doit être long pour eux deux, immobilisés sous le soleil, à attendre toujours plus longtemps ! Allez, le troisième tour, je subis…

Autour de moi ça commence à tomber. Aïe, j’ai mal pour eux. Plus j’avance et plus j’en vois qui souffrent, qui sont allongés et transportés vers les ambulances. Wouaou, ça m’impressionne un peu… j’ai pas du tout l’intention de finir comme ça moi. Donc je relance (oui je sais, je l’écris souvent ce mot, mais dites-vous que je me le suis dit encore plus souvent) ; et jusqu’à la fin, le motto a été : tu cours comme tu peux, tu marches pour mieux repartir et tu finis debout ! Dernier tour, « je vais chercher les croissants, avec un peu de chance je serai là avant midi ! » Punaise il est long ce tour, je n’ai pas mal, je ne souffre pas de la chaleur, je n’ai plus soif du Powerbar Energy drink, je n’ai plus de jus ; je reste alerte mais je n’ai plus de jus ! Dernier, tour, dernière ligne droite, ah, je passe par le couloir de droite cette fois ci, tapis rouge (euh non, tapis noir !) ouais, je vois Karine et Paul, ouais c’est terminé, on se tape dans les mains et je passe la ligne, c’est fait ! C’est terminé, quelle histoire ce marathon, va falloir le bosser mon gars !

 

Je l’ai fini ce marathon, et je dois l’avouer, c’est une épreuve qui m’impressionne depuis toujours et que je voulais finir avec panache. Bon, pour le temps on repassera, pour le panache c’est en demi-teinte mais la satisfaction est là, elle est immense ! Parce qu’avant le marathon, il y a ces 172 km dans l’arrière-pays Niçois. 172 km et 2000m de D+, dont 1300m dans les 66 premiers km. En posant le vélo, je suis super content, je termine avec une moyenne juste au-dessus des 30 km/h. Lorsque je suis venu en Juin pour faire la reconnaissance, j’étais resté juste en dessous des 30. Sur 3 jours, j’avais enchainé le parcours deux fois, avec une fin de canicule qui avait rendu l’effort éreintant. Donc je le connais ce parcours. Les 20 premiers kilomètres sont assez plats, on longe la Prom’, puis on remonte le long du Var, pour attaquer un premier raidillon qui nous amène à Gattières. Jusqu’à Gattières, je suis dans la retenue ! Mes jambes sont en pleine forme, il fait beau et bon. Si je n’avais pas un marathon à enchainer je lâcherais bien les chevaux ! Le cardio reste haut, je suis dans du I3 bien sonné… après le raidillon de Gattières, c’est un long faux plat montant qui nous amène vers les gorges de Bar sur Loup. Je sais que ce faux plat me correspond, je peux y mettre du couple et conserver une belle allure. Et là encore, je lève le pied, le cardio reste haut… « Gère mon gars, gère ! ». Après la descente vers le village Le Pont du Loup, le parcours bifurque à droite et on commence la montée vers le col de l’Ecre. 16 km de profil montant, jamais très raide, toujours constant. Là je la joue aux sensations, je ne regarde pas le cardio, j’appuie et je me fais plaisir. Je rentre dans l’effort que j’aime, il y a du couple dans le pédalier, de l’alternance dans les positions, je dépasse du monde ! L’effort se fait en deux temps, le segment à l’ombre jusqu’à Gourdon, puis le segment au soleil jusqu’au col. Le passage à Gourdon est magique. En arrivant au rond-point dans le centre du village, la route est bordée par des barrières sur 50m. A chaque arrivée, on entend les spectateurs crier, agiter des drapeaux. Ça motive ! Le meilleur est à la sortie du rond-point,  dès les premiers mètres la route s’élève et là, plus de barrière… et une foule !!! Des spectateurs innombrables sur la route qui hurlent, qui font une haie d’honneur sur 100m… je me croyais au tour de France avec le maillot jaune (du TUC)! Et autant vous dire que je n’ai pas demandé mon reste pour me mettre en danseuse et relancer la machine.  Après quelques mètres, lorsque le calme est revenu, je me suis retourné vers un autre participant, j’étais vraiment scotché par l’ambiance et je lui ai dit: « wouaou, c’est magique des moments comme ça », je n’en reviens pas, j’en ai encore des frissons, lui aussi !

 

J’arrive au col avec presque 2km/h d’avance sur mon temps de référence, merci à la route coupée à la circulation et à un début d’épreuve sans pré-fatigue. Petit check up, tout va bien, sauf le vent. En sortant du col, j’enchaine avec le plateau de Caussols, en position aéro et avec le vent de face. Pour le coup je me suis lâché dans le col mais je n’arrive pas à récupérer sur le plateau. Il est casse pied ce vent, j’en fais même des écarts et je repasse sur les cocottes pour me rassurer et j’attaque la longue descente vers Gréolières. Après un virage à 180°, je me retrouve avec le vent dans le dos, la descente n’en est que plus confortable. Il commence à faire chaud, je bois comme prévu un peu plus d’un bidon par heure, je mange du solide toute les demi-heures. Allez, il reste une petite côte de 8km vers Coursegoules et après je sais que c’est une très longue descente vers Nice. Dans cette dernière côte, il fait vraiment chaud, il n’y a plus de vent, je me sens bien dans l’effort mais je sue énormément. Les cuisses chauffent, aurais-je quelques signes de faiblesses ? Heureusement ce passage n’est pas long, je passe de l’autre côté et tout revient à la normale. La température baisse, les jambes vont bien, par contre j’ai des sensations de brulures aux pieds. Ah oui, ce n’est pas la première fois, lors de mes précédentes longues sorties en vélo, j’avais la même sensation. A mi-parcours, les pieds gonflent et cela provoque des frottements et des fourmis dans les pieds. Je m’étais posé la question d’aller acheter une paire de chaussures plus grandes et puis, le temps passe vite… Et aujourd’hui il me reste 40 bornes à faire avec cette sensation ! Ca gâche un peu mon plaisir. Cette descente est longue et magnifique, sur la plaque et tout à droite, je mouline sans excès, je prends de belles courbes, je dose les freinages, je relance, pouaah quel bonheur ce parcours. Dans la descente je « remonte » encore des places, je suis au-dessus des 30, Fred avait tout prévu ! Je me souviens d’une séance en Janvier, l’objectif était de tenir 30km/h sur 3 heures sur un parcours vallonné. Quelle douleur à l’époque… De retour à Gattières, je retrouve le premier raidillon et me voilà sur le chemin du retour le long du Var, avec un petit vent de face. Profil plat sur les 20 derniers km. Cette partie du parcours est moins fun et j’ai du mal à envoyer, les jambes sont un peu lourdes alors je remonte d’une dent, puis de deux pour aérer la machine avant le marathon. En arrivant j’entends au micro que le premier en a terminé avec le premier semi, « merci les gars, moi je commence seulement ! ».

 

Je pose le vélo, je regarde autour de moi et ce que je vois me remonte bien le moral ! En fait, il n’y a pas tant de vélo que cela dans le parc ! Rien à voir avec le départ de ce matin. Pendant la première transition, c’est la cohue.  Nous sommes nombreux à sortir de l’eau, à courir dans tous les sens à attraper nos sacs, enlever nos combinaisons. C’est un peu le bordel en fait. Et pourtant, cela ne ressemble en rien à l’heure que je viens de passer à l’eau ! Ohlala, la natation à Nice… c’est un pur régal ! Rien à voir avec nos A/R à Castex chaque mardi soir dans une eau glacée et balayée par le vent d’Autan presque sibérien ! Rien à voir Pierrot ! La combinaison n’a jamais été officiellement interdite, donc nous l’avons tous gardée. Départ sous format Rolling start, on passe un par un entre deux barrières, cela permet de réguler le flux. Je me suis mis dans le groupe des moins de 1h12, avec pour idée de remonter la file. Dans le pire des cas, je suis dans le bon groupe et je reste dans les pieds, dans le meilleur des cas je remonte la file. Mise à l’eau, c’est parti ! Le récital (à mon niveau bien sûr !) ; Je pense à Laetitia et ses nombreux conseils du mardi. Dès le début de l’année, je me suis mis dans le groupe 1 pour les séances, même si l’année d’avant je n’avais jamais réussi à passer plus de 3000m à l’entrainement. Je me suis mis la pression dès le début, ça a porté ses fruits je pense. Sur le parcours, nous avons 2 boucles à faire. Sur la première tout va très bien, la mer est bleue, le soleil se lève derrière nous, je vois les rayons raser la colline, ça scintille, ça brille, c’est beau, je suis sur l’Ironman de Nice, quel pied !

Il ne manque que les dauphins et c’est la carte postale. Première boucle bouclée, je m’engage sur la seconde avec sans doute moins de précision dans ma trajectoire. Ce n’est pas grave, je continue, toujours en nageant en 3 temps, avec une sortie de la tête tous les 3 cycles. On est bien là Tintin. Je passe la dernière bouée, maintenant c’est tout droit pendant 600m… go go go, elle se passe super bien cette natation ! Comme à l’entrainement, je ne regarde pas ma montre (ahaha) et je l’avoue en sortant de l’eau j’ai une super satisfaction quand celle-ci affiche 1h07… « Calcul mental, 3800m en 1h07, ah oui mais non, la montre affiche 4000m, bon laisse tomber, tu es dans le vrai là, belle nage, va chercher ton vélo Man ! ». Je n’en demandais pas tant au départ ! Au départ ce matin, j’étais dans un état second, perdu au milieu des autres, je n’entendais pas grand-chose, je voyais la mer, calme et je me répétais « t’y es mec, tu vas te lancer ».  Il y a de l’animation autour de moi, une musique rythmée, un  micro qui hurle des mots, le public amassé le long de la berge, et nous en contre bas à attendre. « T’y es mec ! Deux ans que tu te le prépares, un an que tu te l’ais avoué, 10 mois que tu nages, pédales et cours pratiquement tous les jours. Aujourd’hui c’est la cerise sur le gâteau ! ». Parce que depuis le mois de septembre 2016, il s’en est passé des choses positives ! J’en ai récolté des tranches de bonheur ! Jamais je n’ai eu l’impression de faire le moindre sacrifice, j’ai pris un pied terrible à l’entraînement et sur les quelques compétitions qui ont jalonnées la saison. Et je n’oublie pas le stage TUC in Majorca !

Je n’y suis pas arrivé seul ! Oh que non, vous êtes très nombreux à avoir contribué à ce bonheur. Des échanges avant ou après les entrainements club, des commentaires sur Strava aux SMS d’avant course, tous vos messages ont eu un impact sur ma motivation, à chaque instant !  C’est incroyable tous ces soutiens que vous m’avez envoyés, je vous en remercie infiniment, j’espère avoir été à la hauteur ; en tout cas, j’ai tout fait pour l’être, pour porter les couleurs du TUC, tout en gardant du plaisir et mon intégrité physique. Et c’est maintenant que je remercie Coach Fred Lureau ! Merci Coach, depuis 10 mois tu m’as fait sacrement progressé ! Du vélo à la CAP, j’en ai vu des vertes et des pas mûres, j’ai une collection de souvenirs et d’émotions que je ne suis pas prêt d’oublier. Le tout sans blessure ! Comme pour le marathon, j’ai une séance de CAP à finir, celle que tu m’as donné 10 fois et que je n’ai pas réussie à terminer !

Pour finir, j’aurais une pensée toute particulière pour Loïc et Marine, neveu et nièce ; ils m’ont accompagné, chambré, challengé toute l’année, avec un bon millier de SMS échangés par mois…

Enfin, Karine, Paul et Margot : ils ont supporté mon obstination et ma quasi obsession pour préparer cet Ironman. Vous avez été patients, vous m’avez toujours encouragé, sans vous rien n’est possible !

Vivre un Ironman, c’est juste énorme, magique, inoubliable ! 10 mois et 11h43 de pur bonheur ! Finalement, il en faut bien moins pour se demander « à quand le prochain ? »

 

Big Data :

IM finisher :                 Swim = 1h07, Bike = 5h46, Run = 4h37, Total = 11h43

IM training time :             Swim = 10%, Bike = 60%, Run = 30%

Temps d’entrainement max        = 70h en Avril

Kilométrage en vélo sur 12 mois     = 9 220 km, avec un max mensuel à 1 330km en Avril

Kilométrage en CAP sur 12 mois     = 1 650 km, avec un max mensuel à 183km en Mai

Sortie la plus longue en vélo         = 204 km en Juillet (je m’en souviendrai !)

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Posts à l'affiche

L’intégrale des Causses - de face, de profil, en biais

November 17, 2019

1/10
Please reload

Posts Récents