RIF 2017 par Juliette Eti Fran et Pépi

16/06/2017

Conter une telle aventure n’est pas évident. Les repères sont flous. Au Raid In France (RIF), tu es un peu hors du temps. Il n’y a ni jour ni nuit, tout s’enchaîne. On va quand même essayer mais ça risque d’être un peu long.

 

Ahhh, le RIF… Va savoir comment on s’est retrouvé là ! Surement sous l’impulsion d’Etienne qui, à force de lorgner sur le buff RIF de Vincent G., décide que cette année, c’est son objectif. Pas rien ! Fernando est motivé, François et moi, bien que se trouvant un peu jeunots pour l’aventure nous disons rapidement qu’un telle course avec cette équipe-là, l’occasion ne se représentera peut-être pas… Alors voilà, en janvier on clique et c’est parti pour l’aventure ! L’événement paraît toujours loin au début, c’est bon on a le temps de s’entrainer et de réunir tout le matos (1ère épreuve très loin d’être négligeable) ! Au fil des mois on se prépare, on dévalise Chullanka et les copains qui ont du matos. On s’entraine dur aussi. Les cours de kayaks avec le club de Venerque (Marceau) ou avec Ariège Evasion (David Marfaing), l’entrainement cordes/escalade avec les bons conseils de Stéphane Feuchot et Bruno Lecomte d’Autan Grimper, les week-ends « choc » et le stage d’Auzat... Quelques petits pépins viennent mettre le doute mais ça y est, juin arrive et on est fin prêts !

 

En quelques mots, le RIF est une manche du circuit mondial des raids aventure. Au programme : 430 km au départ et à l’arrivée du lac de Devesset (Ardèche), en alternant trek, VTT, kayak et quelques ateliers cordes, le tout en orientation sur IGN au 1/50 000 (les connaisseurs apprécieront). En autonomie totale et avec 11h de repos obligatoire on doit rallier l’arrivée en passant par tous les points de passage, dans les temps impartis. 33 équipes au départ dont une dizaine d’étrangères. François sera notre orienteur principal, Pépi (Fernando) le secondera à VTT et Eti et moi à pied ponctuellement.

 

 

Direction l’Ardèche, le Nord Ardèche plus précisément. On remplit le camion de Fernando en mode Tétris et on file dans la bonne humeur vers Devesset. Arrivés samedi 3 juin, c’est une longue après-midi qui nous attend : vérifications du matériel, des formalités, de notre maitrise des cordes, de la trousse à pharmacie… Il pleut des cordes ça tombe bien ! On nous fait sortir tout le matériel obligatoire dont la liste est longue comme le bras. On est super lents, le bénévole nous chambre un peu mais c’est bon, on finit par tout valider ! Yeah ! Vient le soir, et étant partis un peu en touriste niveau logistique, on se retrouve sans solution pour dormir. On nous dit qu’autour du lac ça va être compliqué de trouver un lit. On se dirige alors vers la mégalopole St Agrève, mais à 2 km du lac on tombe par hasard sur un gîte où 1 chambre vient de se libérer suite à désistement, quel pot ! On fait la connaissance d’une équipe bien rodée, 300 raids longs au cumulé dans l’équipe, et une organisation qui va avec (ils finiront 2èmes ex-aequo). On est bien loin de ça mais on essaye de ne pas trop se laisser impressionner. Le lendemain, encore beaucoup de préparation puis on retourne au lac pour le briefing et enfin découvrir à quelle sauce on va être mangés ! Les sections tombent, Etienne est ravi d’apprendre qu’il va pouvoir pagayer sur une section de pas moins de 50 bornes. A partir de là, il faut dispatcher les 50 kg de bouffe (constitués pour une grande partie par du taboulé lyophilisé), nos rechanges et du matos de réparation dans les différentes caisses qu’on retrouvera tout au long du parcours. Surtout, ne pas être en rade de Snickers au cours de l’aventure. Pas facile, on fait un peu d’espionnage industriel histoire de se rassurer un peu. Puis c’est l’heure de la pesée, l’heure à laquelle normalement tu tombes pile poil ou tu dois enlever du poids. Pour nous c’est l’inverse, on a entre 5 et 10 kg de marge sur chaque caisse. Là on se dit qu’il y a un truc qu’on n’a peut-être pas compris. On charge encore en bouffe. A la cérémonie d’ouverture on découvre toutes les équipes. Pour moi, c’est toujours le moment où je me dis qu’ils sont tous trop forts… Cette journée est finalement épuisante, on mange au gite et on va se faire 3 petites heures de sommeil avant le départ dans le camion de Fernando. C’est sans compter la présence proche d’une tribu d’illuminés (les mêmes qui se baignaient tout nu la veille dans le lac), qui propose des chants chamaniques toute la nuit. Super !

Prologue: Swim and run 4,5 km. Vers 23h on se dirige vers le lac. En combi de tri avec frontale, le départ va être donné et on ne fait pas les fiers. A 00h00 le départ est donné, on se précipite sur une carte de CO avec quelques balises définissant un parcours entrecoupé de quelques sections natation. Ça part vite pour un raid aussi long ! Tout se passe bien, François oriente comme un chef on reste bien groupir (même dans l’eau !) et on sort dans la tête de course. Ouf, notre réputation de triathlète est sauve ! On rejoint nos VTT que l’on doit monter et on récupère les cartes et le Road-book pour les 6 sections conduisant à la mi-course. Comme pour chaque section, François s’appliquera à bien tracer l’itinéraire. On a hâte de partir !

VTT 1 : 58 km, 1550 D+. Une longue descente et nous voilà au pied du plateau. Ensuite c’est plutôt roulant mais avec quelques portages, faut pas déconner non plus, on est au RIF ! On fait quelques erreurs d’orientation un peu frustrantes mais la forme est là. Arrivés à la transition dans la matinée, il faut ranger les VTT dans leur boite pour partir en trek mais un pépin technique nous retarde. On galère avec la roue avant de Fernando. Il finit par régler ça mais on croise les doigts pour que ça tienne tout le raid.

 

Trek 1 : 19 km, 650 D+. Jolie section, avec au milieu une « balade aquatique ». Comprenez plutôt galère pour suivre un cours d’eau avec berges difficilement praticables. Une balise nous attend à la fin de cette portion de rivière. Elle tarde à arriver, on commence à douter et à avoir peur de l’avoir passée tout comme d’autres équipes. Etienne est devant, il trace il y croit encore. C’est bon, il avait raison elle est là et on peut sortir de la rivière. On dépasse quelques équipes, on attrape en passant quelques cerises succulentes sur les arbres, puis on trotte pas mal jusqu’aux canoës et c’est bon pour le moral !

 

Kayak 1 : 37 km dans une rivière (L’Eyrieux) qui manque beaucoup d’eau puis sur le Rhône ! Les équipages sont François et moi et Eti et Pépi. C’est un peu la misère de naviguer sur cette rivière, il faut sans cesse sortir du bateau pour le trainer. Il y a aussi quelques rapides qui nous valent une dégringolade et une belle frayeur (merci à l’équipe DSN74 avec Christophe Aubonnet d’ailleurs !). C’est pas le moment de perdre une pagaie, sinon la suite sera compliquée ! On se marre quand même bien à regarder Eti et Pépi se démener et donner des grands coups « de reins » (ou « de rien » c’est comme vous voulez !) pour se débloquer sans sortir du bateau. On débouche sur le Rhône, ça va un peu plus vite mais ce n’est pas magnifique. Vient le moment tant attendu du portage pour éviter un barrage, et l’occasion d’utiliser nos beaux charriots. Tu parles d’une galère ! On met du temps et de l’énergie, tout ça pour 500 m de portage. On arrive à la fin de la section dans la nuit. On décide de partir sur le VTT car ça grouille de moustiques et de papillons.

 

VTT 2 : 28 km, 850 D+. Ça commence bien. Tout contents d’avoir mis des chaussettes sèches, on se retrouve directement dans un ruisseau. Merci le RIF ! S’ensuit une longue portion de portage. On est cuits, on suit un peu une équipe. En haut on décide de faire une micro sieste de 5 mn pour repartir de plus belle. Ça continue de monter pour devenir un peu plus roulant en rejoignant le Rhône au petit matin. On va dormir avant que le jour ne se lève. On ne maitrise pas encore la gestion des heures de sommeil, nous visions 3h mais avec un réveil à « 2 de tens » ça se transforme en 4h, sans que l’on sache que celle-là nous aurait fait du bien sur la fin. C’est un bon premier répit quand même à la belle étoile sur notre petite bâche pour se requinquer avant LE morceau de kayak. Comme on est des petits chanceux, on se prend la seule averse de la semaine. Même pas la force de bouger, les duvets sont trempés.

 

Kayak 2 : 51 km (si si !) descente du Rhône puis remontée de l’Ardèche (ben voyons !). On démarre au matin, pas hyper enthousiastes, avec la gueule enfarinée. Ca y est, Eti craque, il maudit déjà le kayak. Allez il reste 40 bornes… Pour passer le temps on fait du fractionné : 500 m « rapide » (comme on peut hein, on essaye de se souvenir des consignes de Marceau notre moniteur kayak à Toulouse) et 500 m peinard (ça on sait faire). On se relaie un peu pour faire la sieste. Arrivés à la confluence avec l’Ardèche, on profite d’un petit portage pour faire 15 minutes de sieste confortablement allongés plein dos dans les cailloux. Ca nous relance. Ça va, le courant n’est pas trop fort. Il y aura tout de même quelques passages de rapides où on devra trainer le kayak comme on peut. Au bout de 10h, nous y voilà, parfait avant que la nuit ne tombe !

 

Trek 2 : 33 km, 820 D+. On part pour une petite portion magnifique le long des gorges de l’Ardèche jusqu’à une grotte où nous attend la spéléo. Au programme, progression dans la grotte jusqu’à une petite remontée sur corde (15m) puis quelques balises avant de sortir à la nuit tombée. On arrive après la barrière horaire de 20h30 (sans incidence sur la réalisation du parcours entier) nous imposant de filer directement au CP15 (comprendre Point de passage obligatoire) sans passer par le CP14 par les gorges de l’Ardèche. En contrepartie, nous ne pourrons décoller du CP15 qu’à 6h30 au lieu de 4h30 pour ceux qui auront fait le CP14. Arrivés au CP15 on prend donc 4h de dodo jusqu’à 6h30, et on s’inquiète un peu du fait qu’il ne nous restera qu’une portion de 3h de sommeil avec potentiellement encore 72h d’itinérance à effectuer. La « nuit » n’est pas très bonne, ça caille sévère et François et moi allons-nous entasser avec d’autres équipes dans une tente montée par l’orga pour profiter un peu de la chaleur humaine. Résultats peu convaincants. On repart au petit matin jusqu’à la portion de rappel. Au programme, 2 rappels de 50 m et 70 m jusqu’à l’Ardèche. C’est génial, mais impressionnant ! On est bien content qu’il y ait des guides en haut de chaque rappel pour vérifier nos manips. Nouvelle traversée de l’Ardèche (oui, on avait les pieds secs c’est pas normal ça !), puis le trail continue : une montée avalée à bonne allure puis une partie un peu chiantos en descente dans la caillasse le long d’une clôture, mais les paysages sont grandioses. Petite bourde d’orientation lors de la remontée qui nous fait perdre 20 mn, puis nous arrivons à un petit village pour retrouver nos VTTs et les copains d’Absolu. Ça fait plaisir de voir des têtes connues ! Eux sont pénalisés pour avoir emprunté une portion interdite.

VTT 3 : 39 km, 980 D+. On part en plein cagnard, devinez pour quoi ? Un portage des familles ! C’est un peu long mais joli. Le parcours est varié avec de belles montées et descentes, et malgré une tentative de raccourci sympa sur le papier mais très galère à flanc dans les faits, on se régale. La preuve, 2 patous nous suivent sur 5 bons kms, pas sûr qu’ils aient retrouvé leurs traces les pauvres.

 

Kayak 3 (the last) : 13 km dans le sens du courant cette fois. On embarque juste à la nuit tombée. Il parait que ça passe partout en kayak et que ça ne dure que 1h30. Ça c’est surement s’il fait jour et que tu vois où tu vas parce que la nuit nous vaudra quelques poussages. Il y a de nombreux castors, ils sont assez funs et ils font peur à Pépi alors ça nous fait marrer ! La section passe, il commence à faire bien froid et on décide d’épargner nos heures de sommeil et d’enchainer pour ne pas trop se cailler.

 

Trek 3 : 19 km, 800 D+. Cela paraît anecdotique et pourtant nous commençons assez mal. Le début est balisé (pour une fois) on se laisse donc guider jusqu’à l’entrée d’un camping où le balisage s’a

 

rrête et nous sommes face à la rivière. Le road book est pourtant clair « suivez le balisage puis traversez la rivière ». Ouais ok mais là y a au taquet de courant, ça semble profond, on n’a pas chaud, on est sec, bref hors de question de traverser par là. On cogite pas mal puis on décide d’aller voir un peu plus en aval si la traversée est possible. On finit par trouver une zone un peu plus calme. On apprendra plus tard que le balisage continuait dans le camping et qu’il y avait un pont pour traverser. Mais le road book ne dira jamais « Traverser le camping puis prendre le pont pour traverser la rivière » le flou est volontaire et nous ne sommes pas les seuls à en avoir subi les conséquences. Il ne reste plus qu’à chercher un sentier hyper sauvage qui mène à la balise. Là encore c’est la persévérance d’Etienne qui nous mène jusqu’à une balise que l’on croit dépassée. Au moment où on entend son cri de trouvaille de la balise on était justement en train de dire que c’était une grosse tête de mule ! La suite se déroule bien, quoique dans les broussailles d’un cours d’eau asséché, car de chemin il n’y en aura pas ici. La fatigue devient pesante et nous nous arrêtons pour une micro-sieste de 15 minutes à un poste avant de s’attaquer aux derniers kilomètres de ce Trek. Durant la dernière difficulté, on discute stratégie sommeil. Il nous reste 3h à prendre, on est sur les rotules mais l’enchaînement final (70km + 40km + 28km) nous fait peur. D’autant plus que le début du VTT est exposé et à fort dénivelé. Si on fait une transition rapide on peut repartir vers 11h et ainsi éviter les grosses chaleurs dans la longue montée jusqu’au col de la croix de Millet puis le Mont Aigu (1000 m d+). C’est tranché, il faut tenir le coup, on se ravitaille et on repart illico (enfin après une transition un peu lente dont on a le secret) pour en mettre un coup à ce monstrueux VTT avant nos 3 dernières heures de sommeil.

 

VTT 4 : 70 km, 2310 D+. Le gros morceau ! On part donc à 11h (il fait quand même déjà très chaud) pour un col qui commence par une route puis une piste. Grosse section oblige, nous sommes chargés comme des mulets (tente, un duvet chacun, en + du matos obligatoire à avoir tout le temps sur soi), c’est difficile. Une très longue ascension pas très funky nous emmène jusqu’aux crêtes et de magnifiques points de vue, puis peu de temps après le CP où l’on prend les dernières heures de sommeil obligatoire, au bord de la piste. Lorsque Pépi ouvre les yeux, un médecin apparaît comme par miracle. Non ce n’est pas une hallucination (pas encore) quelle chance ! Il se fait strapper son entorse qu’il traine depuis la fin du Trek 3. C’est inespéré ! Au passage, on peut lui tirer un grand coup de chapeau, car à aucun moment il n’a laissé planer de doute sur sa capacité d’aller au bout avec son entorse. Ça a été complétement transparent pour l’équipe et il a été vraiment costaud. On repart vers une portion de trail un peu aérienne en hommage à un certain Jean Gilly (figure du sport nature ardéchois), on se régale.

On constate les écarts : personne en chasse à moins de 1h30 et une équipe pas loin devant. Ca booste ! Nous voilà repartis, on devra faire la descente de nuit, je ne suis pas rassurée. Arrivés en bas, on reprend l’équipe précédente. Quelques portages bien costauds nous attendent. La dernière descente est technique, cailloux et ornières, c’est interminable. La fatigue fait que j’ai du mal à descendre. Arrivés presque au but, on se perd un peu, on pinaille une bonne demi-heure. L’autre équipe nous a repris mais ils doivent prendre 3h de repos alors que nous avons tout pris. Au petit matin, après une dernière traversée de rivière avec le vélo sur le sac sur le dos et les shoes de VTT bien glissantes sur les galets, on arrive à l’aire de transition. Ouf. On dort 20 minutes pour refaire du jus.

Trek 4 : 40 km, 2270 D+. La dernière grande section. Ce trek consiste à suivre des crêtes au grès des balises dont la définition est presque toujours « sommet ». Ça promet. Le petit sieston nous a un poil séché, nous sommes vraiment nazes à ce moment, le moral n’est pas vraiment au beau fixe. Ça démarre fort par une grande ascension. Après avoir cherché le chemin tracé en pointillé en vain, on comprend vite que c’est droit dans la pente jusqu’au sommet. Nos gambettes crient au scandale d’être lacérées par les genêts, ronces… Après le premier sommet, les autres s’enchaînent tant bien que mal toute la journée. Le moral revient petit à petit. On manque un peu d’eau. On s’arrête dans un petit village pour manger le meilleur truc du monde : œuf dur + pain et fromage + coca ! On n’en peut plus des lyophilisés taboulé ! Nous passons la barrière horaire au niveau du col de la croix du Pana haut la main (4h d’avance). Après, le tracé devient magique. On suit un GR qui traverse des champs en fleur, sur une crête. C’est beau, ça sent bon… J’adore. La vue est superbe, et le coucher de soleil magnifie tout ça. On tombe de fatigue et commencent les hallucinations (bestioles en tout genre) mais on tient. Pas de frontales en vue, nous ne craignons plus d’être rattrapés. On profite. Il reste une balise puis la descente vers nos VTTs, tout va bien se passer et on franchira la ligne d’arrivée avant le lever du jour. C’est sans compter la dernière balise, introuvable, et nos frontales, en panne sèches pour 2 d’entre nous. Le cauchemar. On est trop fatigués et plus lucides du tout. On ne trouve pas. On se relaie pour chercher pendant que les autres dorment dans les talus. Une autre équipe arrive 2h plus tard. On les appelle à l’aide. Ils galèrent aussi, on décide d’aller chercher la balise en faisant un détour, détour qui avait été conseillé 5j avant lors du briefing … la grosse erreur d’avoir laissé les notes dans la voiture. On finit par la trouver grâce à un Pépi survolté ! Après, rebelote pour trouver le chemin pour rentrer. Si seulement on s’était souvenu qu’au briefing ils avaient dit de suivre le GR... Les copains d’Absolu heureusement sont là, ils ont la pêche même s’ils ont galéré aussi, et nous partons en groupe pour rentrer vers les VTT. La frustration est grande, nous serons restés 6h dans ce coin, à perdre bêtement 1 ou 2 places, je n’arrive pas à me consoler. Nous ne pouvons suivre les Absolus qui trottent un peu car l’entorse de Pépi est douloureuse, c’est « dommage », on s’encourage mais il y a de la déception !

VTT 5 : 28 km, 680 D+. Heureusement, on arrive à se rebooster via une transition éclair digne de triathlètes (enfin !) qui nous remet devant les copains d’Absolu. Il reste une partie très roulante jusqu’au lac. On part fort et on essaye de tenir jusqu’à la fin sans erreur d’orientation. La fatigue est presque insupportable. Pour ma part je vois flou et je louche, je m’arrose d’eau glacée dans le dos pour tenir le coup car je risque de sombrer à chaque clignement d’œil. Fernando entend de la musique et se croit sur un home trainer, et il nous entend parler en espagnol. Ça ne va vraiment pas ! Fran tient le coup et nous mène jusqu’au lac. Après vérifications, on remarquera qu’on a fait un gros chrono sur cette partie, ce qui permettra de conjurer le sort du trek précédent, et de se dire qu’à défaut d’avoir perdu 1 place cette nuit, nous n’en avons pas perdu 2, et que nous sommes à priori dans le Top 10, objectif à peine avoué au début de l’épopée

 

La fin : traversée du lac en cata ! On range une dernière fois nos biclous dans leurs caisses, personne en chasse. L’équipe nous précédant qui nous avait doublé lors de nos errements nocturnes est juste devant nous mais déjà trop loin. On peut commencer à savourer la traversée en catamaran. Assez peu de vent mais nous y voilà, il y a l’arche qui nous attend. On est émus et aussi très fatigués. Pleins d’émotions à la fois, la frustration de la nuit s’efface petit à petit devant la satisfaction et la fierté de ce que l’on a fait… Allez CHAMPAGNE, bière, pizza, Haribo !!! On débrief avec l’orga et l’équipe de devant. Puis il faut réveiller François qui roupille déjà sur sa chaise d’arrivée. La partie pas rigolote c’est ensuite de ramasser toutes nos affaires avant de constater que ça ne rentre pas dans le camion. On se débrouille et on retrouve les Absolu pour un barbeuc dans un gîte que l’on partage. Gros dodo, avec un réveil douloureux … les pieds de sumo sont douloureux !

 

Soirée de clôture : c’est le moment de la remise des récompenses, verdict : on est 10èmes, les 3 premiers sont intouchables, bien loin des autres. Pour nous, 4 novices et triathlètes (surtout aux yeux des autres, pour ma part, le triathlon c’est du passé), le contrat est largement rempli, et nous recevons de très nombreuses félicitations pour les novices que nous sommes, ça fait plaisir ! Seules 12 équipes sur 33 seront parvenues à faire le parcours en entier. Les orgas annoncent une édition 2018 à la Réunion, support des championnats du monde. Ça laisse rêveur… Après la cérémonie, place au repas champêtre avec apéro, groupe de musique, bon buffet (et des glaces !), visionnage du film et feu d’artifice sur le lac pour couronner le tout. On se régale. La fatigue nous ramène quand même au gîte pas trop tard.

 

On découvre petit à petit les messages sur le site et sur FB, ainsi que les SMS que beaucoup de TUC, amis, famille, entre autre nous ont laissé. Ca fait tellement plaisir… Merci 1000 fois pour tout ça. Nous repartons satisfaits et fiers de cette aventure. Nous avons su rester soudés dans les moments difficiles et avancer à 4 avec les forces et faiblesses de chacun. On a aussi appris plein de choses et pris un max d’expérience, à mettre, qui sait, à profit pour un prochain raid long (RIF ou autre coupe du monde ou d’Europe) ? Pour ma part après réflexion, c’est déjà un grand « OUI »…


 


 


 

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