"L’Ironman. Un mot qui représente quelque chose de mythique"

25/08/2016

10 jours exactement, le temps de souffler, de prendre un peu de recul et de se remémorer une journée inoubliable.

L’Ironman. Un mot qui représente quelque chose de mythique pour moi, quelque chose de (presque) surhumain. Mais quelque chose que j’ai imaginé possible lorsque je lus sur l’Indépendant un jour de l’année 2011 qu’un ancien nageur de mon club et ami aujourd’hui, venait de parcourir avec succès ces 226 km.

L’Ironman. Une aventure aussi. C’est avec ce mot que Serge m’avait rapidement décrit cette épreuve. Une aventure de quelques mois, qui t’engage oui mais qui entraîne avec toi, ta petite famille, tes amis, tout ton petit Monde.

En 2014, j’avais suivi l’aventure de Loïc, Manon et Fred. En 2015, c’était au tour de Vincent et Fabrice. En juillet de la même année, après 2 ans de tri, allez, je fonce : je m’inscris !

Jusqu’au mois de décembre, je prends des conseils ici et là de la part de Emmanuel, Loïc, Fernando, Anthony pour ne citer qu’eux. Je m’imprime quelques programmes d’entrainement pour m’imprégner d’une philo, d’un fil conducteur. Je ne vais rien m’imposer au jour le jour mais vais adapter et construire un programme en fonction de mes dispos, mes contraintes, en restant dans l’idée de ce qu’il faut à peu près faire avant une telle course.

La prépa commence donc petit à petit à partir du mois de décembre. Sur 6 mois donc. Je jongle entre les séances TUC, essentiellement la CAP avec Fred, puis beaucoup, beaucoup de vélo, seul, pour améliorer mon point faible. Ces 6 mois, ce n’est que du bonheur. J’aime m’entrainer. Il y a bien sûr la journée de la course mais il y a aussi, le plus long : cet « avant », la prépa. Et ça, ça a fait partie de mon plaisir ! Apprendre à se connaitre & mesurer ses progrès lors de quelques séances-clés et compét’. Ne jamais s’affoler, ne jamais s’inquiéter et se dire que « tout va bien se passer ».

Le 5 juin approche. Un petit test sur le Half de Lacanau, 4 semaines avant, avec pour bilan : un carton noir pour drafting et ma première entorse sur le semi… Bon… Je reste optimiste : « tout va bien se passer ». Le dernier mois est donc partagé entre repos, séances de kiné, quelques doutes alors que je prévoyais un petit pic de charge avec quelques gros tests. Bref, ça va le faire. Je me pose quelques questions sur la façon de gérer ces derniers jours. J’échange avec Frédéric qui me donne quelques petits mais précieux conseils. 2 semaines avant : tout est joué !

Le weekend magique commence le 1 juin : récupération des dossards, mise dans l’ambiance de la course, diner de bienvenue et vraiment hâte d’y être. Le 4 : je reçois une multitude de messages et appels. JE VOUS ADORE ! Quel bonheur de se sentir poussé, encouragé, de se « sentir plusieurs ». Promis, demain, je me nourrirai de ça.

5 juin : après moins de 4h de sommeil, le réveil. Direction la ligne de départ avec ma chérie qui m’accompagne depuis le début. Si vous avez lu/vu « Into de Wild », Chris McCandless reprend une citation de Tolstoï : Happiness is only real when shared. Ces mots prendront ce jour tout leur sens avec tous les encouragements reçus et la présence à Nice de ma famille.

Avant le départ Nat’, je croise Jean et Franck. Tout le monde a le visage fermé ! Je me place dans le 1er SAS et discute un peu avec Marion (Félicitations à elle : qualif à Hawaii !!). Le départ est donné pour les PROS, l’ambiance est énorme, le DJ est à bloc, il est 6h30 et une journée de rêve va commencer, je suis prêt à savourer chaque seconde. Mis à part la rencontre d’une méduse avec mon visage, je pose ma nage et sors en 1h01 pour les 3800m. Objectif 1 atteint ! On peut enchainer avec la suite !

La suite, c’est quoi ? Un parcours vélo magnifique. C’est mon point faible mais j’aime cet effort et il vaut mieux car c’est parti pour 6h. Je n’avais jamais reconnu la boucle, j’ai donc découvert. Le dos a parfois tiré, il y a eu quelques gouttes mais je me suis fait plaisir. Je ne me suis pas mis dans le rouge, j’ai voulu géré en pensant qu’après il y avait un marathon. J’ai eu les encouragements de la famille et des aveyronnais et ça, ça booste !! J’ai pris soin de respecter les distances entre cyclistes (merci le rappel de Lacanau ^^) et le retour sur Nice s’est fait sans être trop fatigué. En tout cas, pas plus qu’un mercredi soir après une séance CAP ^^

2ème transition : 8-9’, non, je n’ai pas pris de café. Seulement le temps, un peu trop peut-être mais je suis parti serein sur mon marathon en ayant pris soin de bien m’hydrater/alimenter. De suite, la cheville tire mais je ne m’affole pas. J’ai eu la même sensation lors des entrainements et ça ne s’empirait pas avec les kilomètres. Je rentre dans mon allure à 5’20 – 5’30 au kilo, allure que je ne lâcherai plus. J’adapte ma foulée pour éviter quelques crampes, je m’arrête quasiment à tous les ravitos, je cours une partie de chaque boucle avec Lucie ! Merci à toi ! Je me nourris des encouragements de ma mère, ma sœur, mon beau-frère, mon filleul et ma chérie répartis sur tout le parcours. Je double B. Billard. Oui, je finis devant lui puisqu’il finira par abandonner (c’est quoi ce mental ?!). Les boucles s’enchainent. Le 3ème 10km attendu comme le plus difficile, passe. J’accélère même, je me sens pousser des ailes. Jamais l’envie d’abandonner, jamais de grosse douleur. Je me surprends. J’ai l’impression de pouvoir courir, courir, courir… et puis le km 40, le 41 et … un virage sur la droite, un tapis, une arche, un chronomètre. Je me dis « tu l’as fait ». Les larmes me montent aux yeux, l’envie d’arrêter le temps. Le bruit est immense mais dans ma tête le calme, tout semble suspendu, la ligne d’arrivée enfin : YOU ARE AN IRONMAN !

Inoubliable, je savoure, nous savourons en famille. Tard le soir, nous allons avec FloRie encourager les derniers arrivants. L’ambiance est à son paroxysme. Toutes les émotions traversent les concurrents. C’est à voir, à vivre. Et puis, le feu d’artifice, point final d’une journée parfaite.

Merci à tous. Je vous encourage tous à vivre l’aventure. Que ce soit Nice, Les Angles, Embrun. A très vite les tri-copains !

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